Des espoirs malgré la crise

Christian Fournier

L’avenir de la filière a été évoqué tout au long de cette assemblée générale.

Réunis à Murat, les éleveurs de la coopérative agricole de producteurs de porcs reprennent espoir, mais restent prudents.

“Nous avons toujours choisi de voir l’avenir en face”, déclarait à l’occasion de cette assemblée générale la présidente de la Capp, Germaine Serieys, pour qui les enjeux de la coopérative restent de “maintenir notre potentiel pour pouvoir maintenir aussi un abattage de proximité, mais aussi faire vivre nos campagnes, ce qui n’est possible que si nos éleveurs peuvent vivre de leur production”. Si ces dernières années, la conjoncture a été dure, elle serait aujourd’hui meilleure : “Certes, les dix premiers centimes de plus au cadran ont été avalés par le prix de l’aliment et nous nous sommes donc retrouvés dans une situation comparable à celle de 2007 et 2008 avec une insuffisance de marge de six à dix centimes par kilo de carcasse, mais la hausse du prix du porc, plus élevée depuis dix ans, est une bonne orientation qui semble se confirmer en ce début d’année.” Ce qui ne veut pas dire que les difficultés sont aplanies pour les producteurs qui ont bénéficié d’une aide de 54 000 € de la Capp depuis le début de l’année, non comptée l’aide technique, sanitaire et alimentaire.

Maintenir le cap des 40 000 porcs charcutiers

“Nous savons aujourd’hui que nous sommes capables d’avoir de très bons résultats en utilisant de moins en moins de médicaments. Nous faisons aussi porter notre effort sur le sujet numéro un : à savoir l’indice de consommation et son optimisation en fonction du tri et du classement des porcs. Une évaluation de chaque éleveur lui servira à améliorer ses pratiques pour un élan de précision technique qui, au bout du compte, fait la différence.” La Capp reste forte d’une soixantaine d’adhérents engagés dans une politique commerciale axée sur des marques d’entreprises et des produits transformés, principalement en salaison de montagne. Pour autant, le nombre de producteurs accuse une légère baisse. Les causes ? Outre la conjoncture, “des ateliers Capelin porc de qualité produits sur paille transformés en élevages bovins ; des élevages sans repreneur à la retraite de l’exploitant ; une main-d’œuvre parfois insuffisante pour reprendre une production ; une mauvaise image du porc dans l’environnement ; des élevages trop petits”. La production a ainsi légèrement baissé en 2011, “mais nous souhaitons rester dans le 40 000 à 45 000 porcs charcutiers” (- 3 % en 2010-2011). Reste le “grand regret” d’un nombre de places limitées en porcherie : “Il faudrait que l’on soit soutenus par nos politiques sur ce sujet. Pour produire français, faudrait-il encore que l’on nous en accorde la capacité”, en déduit la présidente. Soixante-cinq pour cent des truies sont enfin aux normes “bien-être”, mais il en manque 35 % pour répondre aux exigences de la loi au 1er janvier 2013 : “Nous allons tout faire pour y arriver. Pour le moment, les cours n’y étaient pas, mais je suis optimiste”, assure Germaine Serieys qui estime enfin “qu’il faut relancer l’investissement car il y a de la place pour de jeunes producteurs qui participent à la vie et au maintien de l’activité économique de notre région”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires