Des matières premières rares et chères

Claudine Gérard - Réussir Porcs Janvier 2013

Des matières premières rares et chères
Les importations chinoises de cérérales sont passées de 3 millions à 11 millions de tonnes entre 2011 et 2012. © P. Cronenberger

L’augmentation de la demande mondiale et les aléas climatiques rendent les marchés des céréales et oléoprotéagnieux de plus en plus tendus, avec des stocks qui ne cessent de baisser.

Pour en savoir plus

Des matières premières rares et chères

Voir dossier de Réussir Porcs de janvier 2013. R. Porcs n°200, p. 16 à 25.

Toutes les années ne peuvent pas se solder des rendements « historiques ». Ce fut le cas pour cette dernière campagne, marquée par la sécheresse en Amérique du Nord et le froid dans les pays de la Mer Noire. En conséquence, les récoltes de céréales et de soja n’ont pas atteint les niveaux records enregistrés régulièrement ces dernières années. Or, la demande mondiale ne cessant d’augmenter pour l’alimentation et les biocarburants, fatalement, les stocks mondiaux continuent de fondre pour atteindre, eux, des niveaux historiquement bas.

Les stocks de céréales dans le monde ne sont plus que de 50 jours contre 70 jours en 2009, la situation étant aussi tendue pour le maïs que pour le blé. Car les deux céréales sont très liées, pouvant se substituer l’une à l’autre pour l’alimentation animale. Du jamais vu, les Américains commencent à introduire le blé en remplacement du maïs trop cher (et rare).

Pour les oléoprotéagineux, la situation est tout aussi critique. La demande chinoise a explosé, déstabilisant les anciens équilibres import/export. Tous les observateurs scrutent aujourd’hui la récolte à venir au printemps 2013 en provenance d’Amérique du Sud, essentiellement d’Argentine et du Brésil. Les quantités, mais aussi les dates de récoltes seront décisives dans ce fragile équilibre offre/demande mondial. D’autant que les observateurs ne voient guère d’autre issue que le soja pour satisfaire la demande mondiale en protéines. Les autres oléoprotéagineux s’avèrent en quantité limitée, voire en régression, et ne permettront pas de compenser une baisse de la production mondiale de soja.
La situation est telle aujourd’hui qu’elle risque d’impacter les débouchés des matières premières. Certains experts annoncent déjà la diminution des cheptels, essentiellement bovins, aux Etats-Unis ainsi que le recul de la production d’éthanol à partir de maïs.

La récolte de soja à venir en Amérique du Sud sera décisive

Dans le même temps, la production de viande en Chine continue son expansion, en absorbant de plus en plus de céréales et tourteaux disponibles sur le marché mondial. Si les Chinois importent de plus en plus (3 millions de tonnes de céréales en 2011, 11 millions en 2012), ils constituent aussi des stocks « stratégiques » qui concentrent quasiment la moitié des disponibilités mondiales, jusqu’à présent plutôt détenues par les pays traditionnellement exportateurs.
Ces éléments de tension sur les disponibilités et le poids de la finance sur ces produits ne peuvent donc qu’augurer des cours durablement élevés et une volatilité des prix matières premières pour l’alimentation animale.

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