Distorsions de concurrence : La DG Sanco contrôle… ce qu'elle peut

Dominique Poilvet

En matière d'importations de denrées alimentaires, la mission de la DG Sanco est de vérifier que ces produits « soient en conformité avec les exigences adaptées de la loi sur les aliments, ou répondre à des conditions reconnues par la Communauté, comme procurant des garanties équivalentes à celles fournies par ses exigences ».(1)
Dans les faits, l'intervention à l'AG de L'UGPVB du 5 décembre dernier de Jacky Le Gosle, conseiller auprès du directeur de la DG Sanco, montre qu'on est loin du compte. « Il existe des réglementations qui ne peuvent être imposables aux pays tiers », admet-il. Et non des moindres, car elles sont à même d'abaisser fortement les coûts de production de ces pays vis-à-vis de l'UE : tracabilité partielle, utilisation des sous-produits animaux, protection animale moins importante, utilisation de médicaments vétérinaires interdits dans l'UE… Parmi ces derniers produits, il cite le chloramphénicol et les nitrofuranes, interdits dans l'UE depuis plus de 10 ans, mais toujours utilisés dans beaucoup de pays tiers. « Les viandes importées ne doivent contenir aucun résidu », se défend-t-il.

Ainsi, la santé publique est elle préservée. Mais pas celle des éleveurs, qui se voient concurrencés par des viandes traitées plus efficacement et à moindre coût. Idem pour la protection animale, et les normes de logement. « Le problème est que de plus en plus de normes européennes n'ont plus un objectif de santé publique, mais ont pour but de répondre à des exigences environnementales demandées par les consommateurs », souligne Jacky Le Gosle. Or, la DG Sanco ne peut pas aller dans les élevages des pays tiers pour contrôler si le plan d'épandage est bien respecté, où si les truies gestantes sont logées en groupe. « La solution serait que les distributeurs qui importent ces produits demandent l'application de ces normes », suggère-t-il. On peut toujours rêver.

« La production porcine française est bloquée par des réglementations »

Dans un document de synthèse réalisé en mars dernier, l'Ifip confirme ce problème. L'institut chiffre le différentiel de coût de production entre l'UE et les États-Unis à 0,60 euro/kg début 2008. « La production porcine française est bloquée par des réglementations qui l'obligent à mettre en oeuvre des moyens plutôt qu'à obtenir des résultats. » Par exemple, la filière porcine des États-Unis est loin d'être soumise aux mêmes obligations que celle de l'UE : environnement, bien- être, contrôles des produits en alimentation animale, utilisation de médicaments, règles d'hygiène dans l'industrie de la viande… « Tout démantèlement des tarifs douaniers dans le cadre de l'OMC ouvrirait durablement les portes de l'UE à ce pays. »

(1) Règlement 178/2002/CE (Loi sur les denrées alimentaires) Art.11.

Source Réussir Porcs Janvier 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires