Essais de la Station de Guernevez : Résultats prometteurs pour le raclage en V

Dominique Poilvet

Les premiers résultats publiés par Guernevez concernant le raclage en V font état d'une séparation de phase performante. La partie solide concentre 93 % du phosphore et 59 % de l'azote.

Le raclage en V sous les caillebotis permet de séparer les fécès des urines des porcs avant qu'elles ne se transforment en lisier. Sur le papier, cette technique accumule les avantages : réduction des émanations gazeuses et odorantes à l'intérieur comme à l'extérieur des élevages, amélioration du sanitaire, du confort des animaux et des conditions de travail.

Simplifier considérablement le traitement du lisier

Cette technique permettrait également de simplifier considérablement le traitement du lisier, puisque la séparation de phase est déjà réalisée et que l'azote résiduel de l'urine est beaucoup plus simple à résorber que celui du lisier. Au cours de la Journée technique des chambres d'agriculture de Bretagne à Loudéac le 28 novembre dernier, Brigitte Landrain, ingénieur porc à la station de Guernevez, a détaillé les premiers résultats prometteurs de cette technique testée dans une salle récemment construite. La partie solide, qui représente 40 % des déjections totales, contient 93 % du phosphore et 59 % de l'azote total. Les dégagements d'ammoniac ont été limités, avec seulement 11,3 ppm de NH3 dans l'air en fin d'engraissement.
Si ces bons résultats se confirment, la technique de l'évacuation du lisier frais par raclage en V pourrait rapidement s'appliquer en élevage. Cependant, il faudra réfléchir à une conception de salles spécifique, de manière à amortir les coûts des racleurs et de la maçonnerie supplémentaire.

(D. Poilvet)

(D. Poilvet)

 

Les couloirs de raclage de deux mètres de large sont composés d'éléments préfabriqués en béton qui reposent sur des longrines. Ils forment deux pentes de 8 % vers un caniveau central ouvert en partie supérieure par une fente de 5 mm. Ce caniveau est lui même en pente à 1 % vers l'extérieur du bâtiment pour évacuer l'urine.

(D. Poilvet)

(D. Poilvet)

 

Le racleur pousse les déjections solides vers un canal de reprise extérieur au bâtiment. Il est équipé d'une lame qui décolmate la fente centrale par où s'écoule l'urine. Cette urine est collectée dans un caniveau, puis est évacuée du bâtiment dans un second circuit indépendamment des fécès. Pour résoudre le problème d'entrée d'air parasite, la ventilation est en surpression. Les sorties du racleur constituent les sorties d'air.

(D. Poilvet)

(D. Poilvet)

 

Le refus solide titre 30 % de matières sèches. Il contient plus de la moitié de l'azote rejeté par les animaux, et la majeure partie du phosphore. Il est ensuite composté avec de la paille.

Source Réussir Porcs Février 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires