Etudes Ifip et Afssa : Les maladies pulmonaires coûtent trois euros par porc

Claudine Gérard*

Les données de GTE de 100 élevages du Grand Ouest, classés selon l'ampleur des pathologies pulmonaires, prouvent que la pneumonie et la pleurésie engendrent un manque à gagner d'environ trois euros par porc.

La dégradation des performances (GMQ et indice 8-115 kg) liée à de la pleurésie ou de la pneumonie, explique qu'entre des élevages faiblement atteints et des élevages sévèrement atteints, la différence de marge varie de 2,17 à 2,89 € par porc produit, selon le contexte de prix de l'aliment. C'est l'un des principaux résultats d'une étude conduite par l'Ifip et l'Afssa. Cent élevages naisseur-engraisseurs de plus de 100 truies ont été inclus dans cette étude. Pour chacun, quatre bandes de porcs d'âges différents ont fait l'objet d'observations et de prélèvements en élevage, et de contrôles en abattoir, afin de déterminer une note de pleurésie et une note de pneumonie. Ces notes ont permis de classer les élevages en trois groupes : faiblement, moyennement ou sévèrement atteints (respectivement 20, 32 et 48 élevages). Puis, les performances techniques issues des GTE (2006) ont été comparées pour ces trois groupes, permettant de calculer les écarts de marges.

Il ressort de l'étude que, entre les élevages faiblement atteints et sévèrement atteints, l'écart d'indice de consommation 8-25 kg est de 0,08, celui du GMQ est de 28 g/j et le taux de pertes de 2 %, tous ces écarts étant significativement différents. Ils expliquent à eux seuls l'écart de marge observé. L'indice de consommation étant l'un des principaux critères dégradés, la marge est d'autant plus affectée que le prix de l'aliment est élevé. En revanche, d'autres critères comme le TMP, les dépenses de santé sont identiques dans les trois groupes considérés.

 

Programme de prévention adapté

Cet écart de marge d'environ 3 euros/porc est finalement inférieur à ce qui a pu être calculé dans d'autres études, telle celle de François Madec qui, en 1992, chiffrait l'impact des pathologies pulmonaires à 5,4 euros/porc. Mais Alexia Aubry, de l'Ifip, souligne que, dans son étude, seule la pathologie pulmonaire était considérée, à l'exclusion des rhinites par exemple.
De plus, le groupe considéré comme « référence » n'était sans doute pas totalement exempt de pathologies respiratoires. « L'écart de marge obtenu ici est donc probablement minoré. » Et elle conclut que, pour éviter de voir leurs revenus pénalisés, « les éleveurs doivent adopter une politique de prévention de ces maladies respiratoires. Cela passe par l'établissement d'un diagnostic précis, dont un suivi des lésions à l'abattoir, par l'application d'un programme de prévention adapté, incluant le respect des bonnes pratiques d'hygiène, de conduite d'élevage et de logement des animaux ».

* D'après l'étude d'Alexia Aubry, présentée lors des Journées de la recherche porcine, en février 2010. ( Publications JRP p. 53)

 

Source Réussir Porcs Mars 2010

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