Filière porcine : Et si la réforme de la Pac ouvrait des possibilités ?

Sophie Giraud

Acculés par des années de crise, les éleveurs se cherchent un avenir, qu'ils pourraient en partie, trouver du côté de la future Pac.

La section régionale porcine aidée par les réflexions de la Copamac-Sidam planche actuellement sur un projet pour faire reconnaître les spécificités de la production porcine de montagne dans le cadre de la Pac. Et il est temps, selon Thierry Boulleau, ingénieur du Sidam, car “si on connaît déjà les grandes orientations de la Pac et que nous ne sommes pas encore dans les détails, les projets doivent s'inscrire dès maintenant”. La Commission européenne dans ses communications récentes, insiste sur l'importance des services rendus par les activités économiques de montagne, et en premier lieu de l'agriculture, à l'équilibre de l'espace et de la société. Un argumentaire dans lequel s'inscrivent complètement les filières porcines de montagne. Installation de jeunes, stabilité économique des exploitations d'élevage, valorisation de fertilisants organiques, approvisionnement et maintien des abattoirs, produits transformés de qualité et à forte notoriété, localisation de la production… Leur impact sur les territoires est en effet considérable. Pour les responsables professionnels, “l'avenir de la production porcine en zone de montagne n'est donc pas une question sectorielle mais un enjeu d'aménagement du territoire”. Et d'avancer la piste de l'intégration de la production porcine de montagne aux mécanismes de compensation de handicaps naturels dans la future Pac. C'est cette éventualité que les acteurs de la filière souhaitent défendre.

Des surcoûts structurels

À tous les échelons de la filière, produire en montagne coûte beaucoup plus cher. Le différentiel en élevage atteint entre 7 et 9 cts euros/kg, après imputation des plus-values. Ceci est dû principalement à un coût d'aliment plus élevé (16-18 e/tonne), des frais de chauffage, aux coûts de la construction. Malgré des charges de structure moins élevées, ces surcoûts ne sont pas compensés par les plus-values obtenues sur les produits. Ces différences sont atténuées par la vétusté du parc bâtiment (faiblesse des amortissements et frais financiers long et moyen termes réduits), mais la capacité de réinvestissement des exploitations est largement entamée. De quoi, à terme, accroître le risque de cessations d'activité. En raison de la faible densité d'élevage, les coûts de ramassage sont supérieurs à ceux de l'Ouest (+ 2-3 cts euros/kg). Les tailles limitées des outils d'abattage et leur non-spécialisation mono-espèce entraînent un surcoût abattage/découpe au moins équivalent à celui de la production, soit proche de 10 cts euros/kg minimum. Fort de tous ces constats, les producteurs estiment légitime leur demande d'éligibilité aux ICHN que la Commission, dans le texte qu'elle a récemment dévoilé, souhaite étendre à de nouvelles productions.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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