Gestion des médias : Grippe A : la panique a été évitée

Claudine Gérard

L'apparition de la grippe A, d'abord baptisée grippe porcine, puis grippe mexicaine n'a pas donné lieu à un rejet de la viande de porcs qu'on pouvait craindre. Car en France comme dans le monde entier, la crise a été bien gérée.

Contrairement aux crises suscitées par « la vache folle » puis par la « grippe aviaire », la grippe A n'a, à ce jour, pas eu d'impact négatif sur la consommation de viande. On peut, avec du recul, juger que le problème a été vite et bien traité par la communauté internationale. Très rapidement, après les premières annonces alarmistes de plus de 100 décès au Mexique, d'une propagation de la maladie vers l'Amérique du Nord, l'Organisation mondiale pour la santé animale, l'OIE, a clairement précisé que, si ce nouveau virus avait pour partie une origine porcine, il ne pouvait en aucun cas être transmis par la consommation de viande de porc. L'Organisation mondiale de la santé, un peu plus tard, a accepté que soit « débaptisée » cette grippe porcine et que le terme officiel soit la grippe A, H1N1.

Visio-conférence sur la propagation du virus H1N1 dans le monde entre des responsables des différents continents et le directeur de l'OMS, à Genève, le 19 mai dernier. (Nations Unies/Eskinder Debebe)

Visio-conférence sur la propagation du virus H1N1 dans le monde entre des responsables des différents continents et le directeur de l'OMS, à Genève, le 19 mai dernier. (Nations Unies/Eskinder Debebe)

En France, on peut saluer la « gestion de crise » par l'interprofession Inaporc, qui a, depuis plusieurs années, mis en place un « comité de gestion des risques » et qui n'en est plus à sa première affaire (grippe aviaire, dioxine irlandaise, trichine). Didier Delzescaux, directeur, explique le mécanisme qui a fait ses preuves. Dès l'apparition du risque, une cellule de crise rassemble tous les représentants des fédérations qui composent Inaporc. Première mission : analyser le risque avec les compétences d'experts dans le domaine. Deuxième étape : objectiver le problème et le risque. Puis, très vite, se faire identifier auprès des médias de façon à « occuper la scène », produire des communiqués, faire une revue de tout ce qui est médiatisé et systématiquement contacter les journalistes qui auraient communiqué de fausses informations. Didier Delzescaux témoigne que, à compter du samedi où « l'affaire » a éclaté, Inaporc a recensé une centaine d'appels de journalistes en trois jours, appels qui ont été renseignés avec le même discours, donnant lieu à des articles positifs, l'intervention remarquée et appréciée de Guillaume Roué sur TV5, etc.
Aux Etats-Unis, le National Pork Board a de sont côté mesuré chaque jour le degré de confiance des consommateurs envers la viande de porc. Mi-mai, les Américains étaient, selon ce sondage, convaincus à 93 % que la viande de porc était saine.

En revanche, d'autres pays ne partagent pas, du moins en apparence, cette confiance. La Russie et la Chine n'ont à ce jour toujours pas ré-autorisé les importations de viande de porc en provenance du Mexique, des Etats-Unis, du Canada. Mais ces deux pays ne sont pas réputés pour la transparence de leurs informations ni pour l'indépendance du politique sur le sanitaire. Un mois après l'apparition de la maladie, les experts internationaux de la santé n'ont pas levé le niveau d'alerte 5 (sur l'échelle de 6), et envisagent même de monter l'alerte au niveau 6, de crainte que le virus ne devienne plus virulent à partir de l'automne. Si ces experts ont de bonnes raisons de mettre en garde la population, la production porcine n'est heureusement plus montrée du doigt dans cette menace de pandémie.

Source Réussir Porcs Juin 2009

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