L’épandage sans tonne valorise le lisier

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Mai 2013

L’épandage sans tonne valorise le lisier
Les épandeurs sans tonne reviennent sur le devant de la scène, avec l’augmentation du prix des engrais qui accroît l’intérêt du lisier. D. Poilvet

La Chambre d’agriculture des Pays de la Loire a organisé deux journées au cours desquelles l’intérêt de l’épandage sans tonne du lisier a été démontré.

« Avant, je me débarrassais du lisier. Maintenant, je le valorise », expliquait Claude Martin, utilisateur d’une rampe d’épandage sans tonne, lors de la journée organisée le 15 mars dernier par la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire à Saint-André de la Marche (Maine-et-Loire). Une valorisation qui se justifie pleinement par la valeur du lisier. « 7,4 euros du m3, si on se base sur le prix des engrais chimiques actuels », indique Jean-Noël Gachet, chargé de mission agro-environnement à la chambre d’agriculture du Maine et Loire. Un nouvel « or noir » particulièrement bien valorisé par l’épandage sans tonne, qui permet d’accéder à des parcelles peu portantes au moment de la reprise de la végétation, quand les besoins de fertilisants sont importants.
Selon une simulation réalisée par l’Union des Cuma du Maine-et-Loire sur un chantier d’épandage dans un rayon de 500 mètres autour de l’exploitation, le coût de l’épandage sans tonne n’est pas plus élevé qu’avec une tonne dès que la surface d’épandage dépasse cinq hectares. « Il faut du temps pour mettre en place le matériel », explique Gérard Poujol, animateur machinisme à l’Union : dérouler les tuyaux, installer la pompe qui aspire le lisier de la fosse… Mais au-delà de cinq hectares, les coûts sont similaires. « Une fois la préparation terminée, le temps passé à épandre sans tonne est nettement inférieur pour de gros chantiers. » Au final, pour 9000 m3 épandus par an, le coût du chantier revient à 2,64 €/m3 pour un épandage sans tonne, contre 2,4 €/m3 avec une tonne à lisier de 15 000 litres.

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Un enrouleur sur un automoteur et une rampe de 28 mètres

La technique d’épandage sans tonne n’en est qu’à ses débuts. Le matériel ne cesse d’évoluer pour mieux s’adapter aux contraintes. Éleveur à La Pommeraye, dans le Maine-et-Loire, Jean-Pierre Tuffreau a créé son propre matériel pour épandre sans tonne. Sur un châssis d’un pulvérisateur automoteur d’occasion, il a remplacé le réservoir par un enrouleur contenant 1000 mètres de tuyaux. À l’extrémité de la parcelle, l’éleveur branche le tuyau de l’enrouleur sur celui provenant de la pompe qui extrait le lisier de la fosse. Grâce à un socle qui se détache de l’automoteur et qui se plante dans le sol, le raccord reste sur place, tandis que le tuyau se déroule au fur et à mesure de l’avancement de l’engin. « Le tuyau n’est donc pas traîné, ce qui nécessite moins de puissance moteur et limite le poids de l’ensemble », fait observer le concepteur de l’appareil. L’épandage se fait avec une rampe de 28 mètres, sur laquelle coulissent deux rangées de pendillards larges de sept mètres situées de part et d’autre de la cabine de pilotage. Quand l’automoteur avance, les pendillards se situent aux extrémités de la rampe. Une fois arrivé à l’extrémité du champ, l’appareil revient à sa position d’origine, avec les rangées de pendillards positionnées sur 14 mètres au centre de la rampe. Il roule donc toujours sur un sol propre.
En période hivernale et sur des sols peu portants, l’automoteur est équipé de roues larges. Dès que le sol devient portant, Jean-Pierre Tuffreau les remplace par des roues étroites de pulvérisateurs pour diminuer l’impact au sol. « Je peux ainsi épandre du lisier sur de la végétation développée, maïs, céréales à paille, colza, et donc augmenter la période d’épandage. » Testé avec succès depuis deux ans et breveté, le « Quadr@ferti », c’est le nom de cet automoteur épandeur sans tonne, est désormais en phase de commercialisation. Son prix se situe entre 180 000 et 200 000 euros.

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