La filière porcine cherche des solutions structurelles pour sortir de la crise

La filière porcine cherche des solutions structurelles pour sortir de la crise

La filière porcine est en pleine discussion sur les solutions structurelles pour résoudre la grave crise qu'elle traverse, mais les propositions pour la réforme du marché de Plérin ou la contractualisation sont loin de faire l'unanimité.

Une table ronde réunit aujourd’hui au ministère de l'Agriculture tous les acteurs de la filière, des producteurs d'aliments jusqu'à la distribution en passant par les éleveurs et les abattoirs, pour rétablir des relations commerciales plus saines.

Parmi les pistes évoquées pour sortir de l'ornière: des contrats fixant pour plusieurs mois ou années les prix payés aux éleveurs par les différents acheteurs, afin de partager les risques et d'amortir la volatilité.

Mais pour le syndicat national des industries de la viande (Sniv), dont sont membres la Cooperl et Bigard, les conditions pour une mise en oeuvre de la contractualisation "ne sont pas réunies aujourd'hui" en raison d'un "marché très dégradé, d'une absence de visibilité pour les industriels sur les autres facteurs de la compétitivité, et de la forte inquiétude de très nombreux acteurs".

Certains éleveurs sont également réticents.  "Le problème d'un contrat c'est qu'il faut un volume et surtout un prix". La filière lait est contractualisée et pourtant "le prix n'y est pas",  explique Philippe Leclere, éleveur de porc dans le Morbihan. Les éleveurs laitiers se plaignent eux aussi de ne pas être payés suffisamment pour leur production.

La contractualisation peut cependant prendre de multiples formes.

Le groupement de producteurs de porcs Syproporcs et le charcutier industriel Herta ont ainsi annoncé en juin qu'ils allaient tester pendant 6 mois un contrat, le premier du genre pour la filière, qui garantit aux producteurs de ce groupement le prix auquel ils vendront leur viande, quel que soit l'acheteur.

  

Plérin : « le thermomètre de l'offre et la demande » 

Plus récemment, le groupement de distributeurs indépendants Système U s'est engagé à compenser les différences de prix payés aux producteurs de porc dans le cas où le cours au marché de Plérin passerait sous les 1,40 euro le kilo.

Mais c'est justement le rôle de ce marché qui est controversé: le prix de référence national de la viande de porc est fixé au MPB, où se font seulement 15% des échanges. Quelle place doit prendre ce marché dans un cadre rénové ?

"Le marché au cadran fonctionne parfaitement et n'est que le thermomètre de l'offre et la demande", explique Daniel Picart, président du MPB, soulignant l'importance pour les éleveurs comme pour les abatteurs d'avoir une référence nationale.

"Nous sommes le seul pays d'Europe aujourd'hui où un prix s'applique uniformément à tous les éleveurs", critique pour sa part le directeur délégué du Sniv, Paul Rouche, qui rappelle que le syndicat professionnel "ne se voit pas engager des discussions avec les éleveurs et avec la filière sur un prix du porc déconnecté des prix européens".

Un marché à terme pour le porc ?

Il faut modifier le marché de Plérin, admet Thomas Guegan, éleveur bovin et porcin dans le Morbihan, "mais ce n'est pas en supprimant le marché qu'on arrivera à une régulation tarifaire", souligne-t-il.  Sans ce marché, "il n'y a pas un camion qui se déplacera dans mon petit élevage" pour acheter les bêtes, raconte-t-il.

D'autres pistes se dégagent cependant, comme le marché à terme. Il s'agirait de fixer le prix du porc en bourse, comme c'est déjà le cas pour les céréales.

"Les cotations affichées sur le MPB ne concernent que des livraisons immédiates. Il faut afficher des prix pour des livraisons futures. Face à cette nouvelle crise, la filière porcine a besoin d'outils de couverture de risques de prix, à l'image des marchés à terme. Elle pourra alors conjuguer transparence des prix et sécurisation des marges", estime ainsi le directeur général du cabinet Agritel, Michel Portier, mercredi dans Les Echos.

 

Source AFP

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