Label Rouge plein air : Cirhyo relance la production de porc fermier d'Auvergne

Dominique Poilvet

En Auvergne, une quarantaine d'éleveurs produisent des porcs fermiers en plein air Label Rouge. Pour relancer la production, Cirhyo mise sur une bonne valorisation des carcasses et sur l'optimisation des résultats techniques.

Avec 20 000 porcs labellisés en 2009 et une commercialisation exclusivement par des bouchers-charcutiers traditionnels, la filière porcs fermiers d'Auvergne Label Rouge est une production de niche. Mais pour le groupement Cirhyo basé à Montluçon dans l'Allier, elle représente un axe de développement majeur, au même titre que les porcs standards. « La filière existe et ne demande qu'à se développer, avec deux abattoirs régionaux qui croient dans cette production », explique Gérard Dutois, le directeur de Cirhyo. Pour lui, il est encore possible d'installer des jeunes en porc fermier label rouge. Le cahier des charges limite la taille de l'engraissement à 600 places. « Mais un éleveur peut vivre de cette production avec 85 truies naisseur-engraisseur », affirme-t-il.

Le porc fermier d'Auvergne Label Rouge doit disposer d'un parcours de 83 m2. (D. Poilvet)

Le porc fermier d'Auvergne Label Rouge doit disposer d'un parcours de 83 m2. (D. Poilvet)

Prix de vente indexé sur l'aliment

En septembre 2010, Cirhyo et l'APVC (1), le groupement qualité du label rouge, ont indexé le prix de vente des porcs sur le coût alimentaire. Il évolue en fonction du prix de l'aliment reconstitué par l'Ifip, afin de maintenir la marge des éleveurs, quelle que soit la conjoncture des matières premières. Par ailleurs, les éleveurs touchent une prime de labellisation de 0,382 €/kg de carcasse, en complément de la plus-value technique habituelle. « En janvier, le prix net payé à l'éleveur a été de 2,04 €/kg de carcasse labellisée », indique Hélène Daviet, animatrice à l'APVC, l'organisme qui gère le Porc Fermier d'Auvergne ainsi que le Porc Délice, un autre label rouge élevé en bâtiment.
Par ailleurs, l'ouverture du cahier des charges à tous les fabricants d'aliment de la région est une garantie d'un prix d'aliment abordable. En comparaison avec un aliment standard, le cahier des charges n'est pas contraignant : 75 % de céréales ou issues en fin d'engraissement, interdiction des graisses et farines animales… Toutes ces contraintes se retrouvent dans la plupart des cahiers des charges destinés aux porcs standards. « Par ailleurs, quinze éleveurs fabriquent eux-mêmes leurs aliments, à un prix identique aux autres fafeurs », constate-t-elle.

Engraissements pérennes

Cirhyo tient également à assurer la pérennité de ces élevages en incitant les éleveurs à investir dans les outils permettant des conditions de travail acceptables, et permettant des performances techniques de haut niveau. Pour cela, le service bâtiment dirigé par Roland Servant propose un modèle d'engraissement intégralement sur caillebotis et équipé d'une ventilation dynamique. « Le cahier des charges nous permet ce type de réalisation, à condition que les animaux aient libre accès à des parcours enherbés à partir de 15 semaines d'âge », précise Hélène Daviet. Grâce à ces bâtiments, mis en place depuis cinq ans dans 16 élevages, les performances techniques s'améliorent. « L'indice de consommation notamment se rapproche des moyennes en bâtiments fermés. Il ne se dégrade pas en période hivernale, ce qui n'est pas le cas pour des porcs logés en cabanes », apprécie-t-elle. TMP et poids des carcasses sont également bénéficiaires de ce mode de logement « durable ». « C'est tout à l'avantage des éleveurs, puisque la plus-value sur les porcs labellisés se fait avant tout sur ces deux critères », conclut Gérard Dutois.

 

Source Réussir Porcs Mars 2011

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