Le développement de l’élevage porcin, une priorité pour l’UGPVB

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Janvier 2013

Le développement de l’élevage porcin, une priorité pour l’UGPVB

En AG le 7 décembre 2012, l’Union des groupements de producteurs de Bretagne en appelle aux pouvoirs publics pour lever les obstacles qui empêchent la relance de la filière porcine en Bretagne.

À l’assemblée générale de l’Union des groupements de producteurs de porcs bretons à Saint Quay Portrieux le 7 décembre dernier, les responsables professionnels ont clairement affirmé leur volonté de relancer les filières animales. Porcs, volailles, bovins viandes, toutes subissent depuis vingt ans la « cloche réglementaire » qui entrave le développement des élevages. « Nous demandons à nos décideurs politiques et administratifs que les énergies soient libérées, qu’il soit permis aux entrepreneurs d’entreprendre et aux éleveurs d’avoir des projets, cela sans incertitude juridique », a déclaré Michel Bloc’h, le président de l’Union. Une interrogation que résume d’une phrase Fortuné Le Calvé président d’Aveltis : « Les politiques considèrent-t-ils que la production porcine bretonne a un avenir ? »

33 100 éleveurs de porcs bretons en 2012

Le bilan de ces dernières années est implacable. Depuis 1999, le nombre d’éleveurs de porcs bretons naisseurs-engraisseurs a diminué de 26 %, passant de 4 200 à 3 100 en 2012. La production est passée sous la barre des 14 millions de porcs charcutiers. « La baisse devrait atteindre plus d’un million de porcs en deux ans, soit l’équivalent d’un abattoir breton ». L’âge moyen du parc bâtiment est de 25 ans. « La baisse de la production pourrait rendre la balance commerciale française déficitaire en volume. La consommation française et le marché seront à la merci des importations », prévient Michel Bloc’h.

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Le défi de l’environnement a été relevé

Les éleveurs bretons ont des arguments à faire valoir pour revendiquer une relance de la production. Les vingt dernières années ont été essentiellement consacrées à relever le défi de l’environnement, ce qui a permis de diminuer de près de 30 % les teneurs en nitrate des eaux de surface. Aujourd’hui, 443 stations traitent plus de 3 millions de m3 de lisier par an. Elles contribuent à résorber plus de 10,3 millions d’unités d’azote et 4,6 millions d’unités de phosphore. En 2011, 275 000 tonnes de fertilisants organiques produits à partir des déjections animales ont été exportées. Pour Patrice Drillet, qui représente les éleveurs à la commission environnement de l’Union, les standards environnementaux de la Bretagne sont très élevés en comparaison avec ceux des autres bassins de production européens. « Nous ne demandons pas d’assouplissement ou de remise en cause des normes d’épandage, mais une réforme de la réglementation ZES devenue obsolète et trop contraignante pour les éleveurs », ajoute Michel Bloc’h.

3100 personnes par commune dans l’agroalimentaire

Le potentiel humain breton est également un atout de taille face aux autres bassins de production contre lesquels la filière se bat. « Les élevages sont portés par des entrepreneurs individuels, ancrés sur le territoire, d’un bon niveau de formation. » Les filières animales sont bien organisées. « En Bretagne, 68 100 personnes travaillent dans l’agriculture. L’agroalimentaire emploie 60 000 salariés. En moyenne, 100 personnes par commune bretonne travaillent dans l’agriculture et l’agroalimentaire. »

L’enjeu de l’emploi

Les emplois induits par les filières agricoles représentent donc un enjeu essentiel pour la Bretagne, ce que n’ignorent pas les responsables politiques. « Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, on sent une prise de conscience des problèmes des filières animales », estime Guillaume Roué, le président d’Inaporc. « La faillite de Doux, tombé sur l’autel de la décroissance, a été l’élément déclencheur. C’est la situation de l’emploi qui fera réélire ou non les politiques aux prochaines échéances électorales. » Un espoir entretenu par le président de la République au dernier Space, quand il avait présenté ses ambitions pour les filières agricoles : produire plus et mieux, traiter les questions de distorsions de concurrence, et engager la simplification administrative.

Dossiers au point mort

Malheureusement, les bonnes intentions politiques ne se traduisent pas encore concrètement. Le dossier de la simplification des procédures administratives peine à avancer. « Les discussions sur la nouvelle directive nitrate sont au point mort », regrette Patrice Drillet. « La fibre écologiste de l’administration a repris le dessus. Et pour le moment, le courage politique n’est pas au rendez-vous. » Autre point chaud, le dossier des distorsions de concurrence en Europe traîne en longueur. « Les effets des « non-décisions » politiques apparaissent aujourd’hui dans les chiffres concrets de la baisse de la production. »
Pour Michel Bloc’h, le sursaut de la filière porcine bretonne est possible. « Nous sommes déterminés à relever les nombreux défis qui se dressent. Nous le ferons si les décideurs politiques font le choix de l’emploi. Mais ces réformes dépendent aussi de notre capacité à tenir un discours d’unité, de notre capacité à définir collectivement les priorités et de nous y tenir », conclut-il.

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