Le marché des produits laitiers, carnés et avicoles en 2008 : Porcs : explosion des coût alimentaires

Office de l'élevage

Relance de la production en Chine

Le cheptel mondial s'est accru de 1,3 % en 2008, grâce à la relance de la production en Chine, suite à l'épisode de circovirus CRRP qui avait gravement touché ses élevages en 2007. La hausse importante des prix de l'aliment du bétail a provoqué un ralentissement de la production en Europe et au Canada mais n'a pas enrayé le dynamisme de la filière au Brésil (+ 2,2 %), aux EtatsUnis (+ 7,2 %) et en Russie (+ 6,8 %).

Au final, la production mondiale est en croissance de 2,1% en 2008. L'augmentation de la demande russe et asiatique a redynamisé les échanges internationaux après le repli enregistré en 2007. Les Etats-Unis qui bénéficiaient d'un porc à prix faible et d'une parité euro/dollars favorable ont augmenté leurs exportations de 73 %.

Hausse des exportations américaines et européennes

L'Union Européenne a su utiliser les restitutions mises en place par la Commission pour développer ses exportations de 25 %. La Chine, qui a ouvert son marché en 2007 aux viandes occidentales, est devenue le troisième importateur mondial de viande de porc. Aux Etats-Unis et dans l'Union européenne, l'explosion des exportations américaines et européennes est à l'origine d'une augmentation du prix du porc qui pénalise la consommation intérieure en période de la crise économique.

L'explosion du coût alimentaire en 2008 a provoqué une réduction significative du cheptel de l'Union Européenne. Les décapitalisations ont été particulièrement importantes dans les NEM (- 12,8 %) et plus limitées à l'ouest (- 3,6 %). La baisse de la production reste toutefois limitée, de l'ordre de 1 %. Les exportations européennes se sont fortement développées (+ 25 %), notamment au 1er semestre, période où les opérateurs européens bénéficiaient de restitutions sur la viande porcine. Les autorités russes ont levé le moratoire sur la viande polonaise. Le développement du marché russe et chinois en 2008 a permis de compenser le recul des européens, soumis à une parité euro/dollar défavorable et un prix du porc plus élevé, sur le marché japonais et sud-coréen.

Le dynamisme des exportations et la réduction de la production européenne sont à l'origine de l'augmentation significative du prix du porc en Europe (+13,8 %). Cette hausse est restée limitée par la baisse de la consommation européenne (- 1,6 %) et la crise financière intervenue au quatrième trimestre, et qui a fortement perturbé le commerce international.

Dégradation de la trésorerie des éleveurs français

En France, la baisse des effectifs de truies n'a pas entraîné de forte réduction de la production (- 1,2 %). Pendant la crise, les performances techniques des éleveurs se sont significativement améliorées et compensent en partie les décapitalisations. Le déficit commercial de la France continue de se creuser. En 2008, il atteint 26 millions d'euros. Le volume des exportations françaises a progressé de 2,6 %, tandis que celui des importations s'est accru de 4 %. Les opérateurs ont été très dynamiques sur les marchés tiers, en particulier vers la Russie et la Chine, mais reculent sur le marché communautaire. Les importations de viandes et de produits transformés en provenance de l'Union Européenne ont augmenté respectivement de 2,7 % et 11,0 %.

Le prix élevé de l'aliment tout au long de l'année 2008 (+30 %) a entraîné une dégradation rapide de la trésorerie des éleveurs français. Malgré les réductions significatives du cheptel réalisées en Europe, l'offre sur le marché français et communautaire est restée importante, et n'a pas permis de répercuter totalement la hausse des coûts de production sur le prix du porc en France (+10,4%).

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