Le renouveau du porc gascon

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Avril 2013

Le renouveau du porc gascon
Le porc gascon est une race apparentée au porc ibérique. Ses oreilles sont inclinées sur les yeux. Les soies sont noires, et forment sur la croupe un épi en forme de spirale caractéristique de race. © D. Poilvet

Dans le Sud-Ouest, une poignée d’éleveurs passionnés relancent le porc gascon, une race locale qui a failli disparaître dans les années 80.

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Le renouveau du porc gascon
Les truies gasconnes ont un comportement très calme et sèvrent entre 7 et 8 porcelets par portée. © D. Poilvet

• Effectifs : 1 082 truies, 145 verrats, 70 éleveurs.
Contacts :
• Association nationale de sauvegarde du porc gascon (www.racesaquitaine.fr) ;
• Ligeral (livre généalogique des races locales) Ifip-Le Rheu (02 99 60 98 50).

Au cœur de la Gascogne, à cheval entre les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, le porc gascon occupe à nouveau les basses-cours et les parcours impropres aux cultures des coteaux du piémont Pyrénéen. « Nous recensons aujourd’hui 1000 truies, réparties dans 70 élevages », indique Mathieu Tourné, le président de l’Association nationale de sauvegarde du porc gascon. Pourtant, comme la plupart des races locales françaises, le porc gascon a bien failli disparaître. En 1981, l’Ifip comptabilisait 34 truies et deux verrats. Avec sa croissance lente et son taux de gras important, il n’était pas adapté aux objectifs de production des élevages modernes.
Le travail de l’institut technique, combiné à la passion des éleveurs locaux, a permis de relancer cette race rustique, bien adaptée à la production en plein air et dont la viande persillée permet de faire de la charcuterie haut de gamme. « Ce sont avant tout les qualité intrinsèques du porc gascon qui nous incitent à développer cette race », affirme Mathieu Tourné. À la tête d’un petit élevage de vingt truies qu’il gère en parallèle à son activité professionnelle, il parcourt la France entière à la recherche de nouvelles lignées permettant d’assurer la diversité de la race et d’éviter des croisements consanguins. « Le porc gascon s’est diffusé dans toute la France, car il est parmi les plus intéressants des races locales, tant pour les caractéristiques d’élevages que pour la transformation. » Logées dans les anciens bâtiments de la ferme, les truies très dociles sèvrent entre sept et huit porcelets aux alentours de sept semaines. Une partie est vendue à quatre mois à des engraisseurs. Les autres sont gardés jusqu’à 12 à 15 mois d’âge. Ils sont nourris à base de céréales produites à la ferme, complémentées de tourteau de soja et de minéraux. Les porcs sont abattus à un poids de 130-150 kg vif. Comme tous les adhérents de l’association qu’il préside, Mathieu Tourné transforme et commercialise sa production jusqu’à Toulouse, en Haute-Garonne.

Quinze éleveurs investissent dans un atelier de transformation

L’élaboration de sa charcuterie est confiée à Klaus Unterecker, membre de la Cuma « Tout terrain » à Seissan dans le Gers, un atelier de transformation aux normes européennes. Ils sont quinze éleveurs de porcs et de volailles à avoir investi dans cet outil équipé d’une salle de découpe, de séchoirs pour les jambons et saucissons secs, et du matériel nécessaire pour conditionner la viande fraîche sous vide. « Les normes européennes imposées aux outils de transformations coûtent chers », souligne Klaus Unterecker, qui possède lui aussi un petit élevage de cinq truies gasconnes. « En nous regroupant, nous diminuons les coûts et nous pouvons commercialiser des produits haut de gamme accessibles à tous. »
Une compression des coûts nécessaire, puisque les éleveurs se doivent d’élaborer des produits à forte valeur ajoutée pour compenser le coût élevé de la production. « Il faut pouvoir dégager un chiffre d’affaires de 1000 euros par porc transformé pour rentabiliser l’activité », affirme Franck Meymerit, engraisseur de porcs gascons à Navaille-Angos, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Pour valoriser sa production annuelle de soixante porcs qu’il gère lui aussi en parallèle à son activité de technicien conseil en agriculture, il a créé la marque Lo Porquet, sous laquelle il vend saucissons, jambons secs, pâtés, rôtis et côtelettes. « Un éleveur-transformateur à temps plein peut vivre de sa production avec 200 porcs gascons par an », ajoute-t-il.

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Franck Meymerit et Mathieu Tourné, Association nationale de sauvegarde du Porc Gascon. « Ce sont avant tout les qualité intrinsèques du Porc Gascon qui nous incitent à développer cette race. » © D. Poilvet

Pour les membres de l’Association nationale de sauvegarde du porc gascon, nul doute que le premier objectif de sauvegarde de la race est désormais acquis. Les effectifs sont en constante progression. « Il faut maintenant accompagner le développement des effectifs et du nombre d’éleveurs, en proposant aux adhérents de l’association des solutions techniques pour le logement des animaux et pour optimiser la qualité des carcasses », conclut Mathieu Tourné.

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