Les écologistes veulent "déconcentrer" l’élevage porcin

S C avec AFP

Les  écologistes veulent "déconcentrer" l’élevage porcin

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) conteste les orientations du plan du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll en vue d'une relance de la filière porcine, jugeant que celui-ci risque de nuire à l'emploi et à l'environnement en favorisant la concentration dans le secteur.

En 10 ans, deux tiers des exploitations ont disparu

les ateliers de moins de 100 porcs représentent 1% du cheptel.

D’après les statistiques du ministère, en 2010, la France métropolitaine comptait  22.300 exploitations élevant des porcs, contre 59.500 en 2000. 99% de la production est réalisée par 11.500 élevages qui détiennent plus de 100 porcs ou 20 truies (5 porcs en moyenne par truie).

La taille moyenne des ateliers porcins (naisseurs-engraisseurs) a été multipliée par 2,5 sur la période pour atteindre 620 porcs. Cela traduit avant tout la disparition des très nombreux petits ateliers. Il reste 10.700 ateliers de moins de 100 porcs, d’une taille moyenne de 9 porcs, qui représentent 48% des exploitations mais moins de 1% du cheptel porcin du pays.

"La course à la concurrence voudrait que soient développées des unités toujours plus grandes pour être plus rentables", relèvent dans un communiqué le secrétaire général d'EELV Pascal Durand, l'eurodéputé José Bové et le conseiller régional breton René Louail, lui-même éleveur de porcs. Or, "c'est une gigantesque concentration qui détruit des emplois, fait fi des problèmes environnementaux et sanitaires, et va à l'encontre de la demande sociale", estiment-ils.

Face à la baisse de la production porcine française, avec nombre d'animaux abattus passé  25 millions en 2010 à 23 millions, dans un contexte de forte concurrence allemande, M. Le Foll a notamment proposé le 15 avril d'assouplir les démarches administratives pour ouvrir ou agrandir une porcherie.

18% du cheptel aux mains des plus de 55 ans

Pour EELV, "ce plan transformerait  les 5.600 unités de production actuelles en 1.000 usines à viande", qui ne seraient  "pas rentables, « difficilement  reprenables par les jeunes du fait de leur coût". En effet, selon le parti écologiste, "on enregistre trois fois plus de demandes pour les petits élevages qu'il n'y a de place et trois fois plus de places dans les systèmes industriels qu'il n'y a de candidats".

L’enjeu de transmission est en effet important puisque 18% du cheptel porcin est aux mains d’exploitants de plus de 55 ans en 2010 contre 7 % en 2000, d’après les statistiques du  ministère. L’atelier moyen à reprendre à leur retraite sera aussi beaucoup plus grand, 1.200 porcs contre 700 en 2000.

Déconcentrer l’élevage porcin

EELV conteste également un autre volet du plan Le Foll, consistant à adosser ces élevages à des unités de méthanisation, soulignant que cette filière serait soutenue par "les fonds publics" et nécessiterait "toujours plus de surface en maïs" pour les faire fonctionner.

Dénonçant par ailleurs le "dumping" pratiqué chez certains concurrents européens et ses "impacts sociaux et environnementaux", le parti écologiste préconise à l'inverse de "déconcentrer" l'élevage porcin.

Au lendemain de l'annonce du plan Le Foll, le Comité régional porcin de Bretagne, première région de production de porcs en France, avait lui aussi contesté les orientations, demandant en priorité une lutte contre "le dumping social et fiscal" et une harmonisation des normes en Europe, ainsi qu'un étiquetage permettant de valoriser la production française.

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Commentaires 3

yves46

Tous les spécialistes des théories : vous croyez un instant que de taper sur les élevages de porcs français ça va améliorer ce qui est dans votre assiette .Dire que la viande faite chez nous pisse l'eau dans la poêle c'est parce que vous allez acheter la viande au supermarché(roi des importations)et des zones hyper concentrées. Quand un petit producteur vend une viande élevée tranquillement on le laisse croupir dans ses problèmes économiques . Donneurs de leçons soyez réalistes et demandons tous à bien manger des produits de qualité et à vivre ensemble

DLL

RENE LOUAIL n'est pas un éleveur de porc c'est un politique. de plus heureusement qu'il a la politique avec tous les trous qu'il a chez ses fournisseur d'aliment

Averonet

1000 usines à viande ! a-t-on bien imaginé tous le simpacts jusqu'au consommateur ?
Tout ça pour acheter de la viande qui pisse la flotte dans la poële. Vaut mieux arrêter d'en manger ; ça reglera le probleme de compétitivité de la filière.

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