Les industriels de la viande engagent un bras de fer sur le prix du porc

Les industriels de la viande engagent un bras de fer sur le prix du porc

Nouveau rebondissement dans la crise de lafilière porcine : aucune cotation n'a eu lieu lundi au marché du porc breton (MPB), où s'établit le prix de référence national de cette viande, en raison de l'absence des deux plus gros acheteurs de porcs qui jugent le prix actuel trop élevé.

"La Cooperl et Bigard/Socopa nous ont annoncé qu'ils ne participeraient pas au marché ce lundi", a déclaré Jean-Pierre Joly, directeur du MPB dont les cours sont fixés deux fois par semaine, le lundi et le jeudi. Le prix actuel du porc s'établit à environ 1,40 euro le kilo, objectif fixé par le gouvernement à partir du 12 juin dernier pour tenter de résoudre la crise traversée par les éleveurs de porcs français. Mais ce prix met à mal aujourd'hui les industriels français, affirment-ils : ils exportent 30% de leur production et doivent faire face, à l'export comme en France, à des concurrents européens, notamment Allemands et Espagnols, qui pratiquent des prix bas grâce à des exigences sociales ou environnementales moins contraignantes. Dans un courrier daté du 6 août envoyé à ses adhérents, la Cooperl explique que, pendant qu'"une volonté +politique+ de court terme a réussi à porter le cours à 1,40 euro" en France, "l'Allemagne abaissait brutalement son prix d'achat" et "à ce jour 25 centimes séparent le cours français du cours allemand". "Les capitaux de la Cooperl sont la propriété de ses adhérents, ils n'ont pas vocation à financer un cours politique pour tenir la tête hors de l'eau à une partie de la production française", ajoute la coopérative. "Notre effort ira en totalité à l'abattage et à la valorisation des porcs de nos adhérents", annonce-t-elle en précisant qu'elle suspend ses achats externes au cadran à compter de lundi.      

Guerre des prix     

La Cooperl s'est refusée à tout commentaire lundi. Et l'entreprise Bigard a renvoyé vers le Syndicat national de l'industrie des viandes (SNIV-SNCP). Selon un communiqué de ce syndicat envoyé lundi, la production, "soutenue par les pouvoirs publics (...), obtient les prix les plus élevés d'Europe, sans trop se soucier du devenir des abattoirs" tandis que "le secteur charcuterie-salaison considère que les viandes européennes sont meilleures que les viandes françaises (elles sont en réalité moins chères)" et que la grande distribution "n'a pas encore renoncé à sa politique de guerre des prix (...) et des marges (...)". Paul Auffray, le président de la Fédération nationale porcine (FNP), a dénoncé pour sa part un "chantage et une prise en otage des éleveurs" par Bigard et par la Cooperl, qui "voudraient que les prix baissent de 15 centimes par kilo" par rapport à leur niveau actuel. La Cooperl et Bigard représentent 30% des achats de porcs au marché au cadran. Avec plus de 2.700 agriculteurs adhérents, la Cooperl est le numéro 1 français du porc. Le groupe Bigard/Socopa est le leader français de la viande.   Du fait de leur retrait lundi, la cotation du jour, qui concernait 12.000 des 60.000 porcs vendus chaque semaine au marché, n'a pu avoir lieu car sans eux "le prix ne peut pas être représentatif", a expliqué M. Joly. Le MPB assure 25% des ventes de porcs en Bretagne, et 18% au niveau national. L'absence de cotation n'empêche pas les éleveurs de tenter de vendre en direct aux abattoirs, mais la négociation, faute de prix de référence, peut s'avérer plus difficile. Le 12 juin, alors que les cours évoluaient autour de 1,30 euro le kilo, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll avait estimé nécessaire que les prix payés aux producteurs remontent "à 1,40 rapidement", prix correspondant à l'estimation du coût de production, ce qui est le cas depuis le 23 juillet. Au-delà de la filière porcine, c'est l'ensemble de la filière française d'élevage, souffrant de la faible rémunération de ses produits, qui manifeste bruyamment et massivement sa colère dans tout la France depuis la fin mai.

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Commentaires 5

eleveur 61

J'appel au boycot des produits fabriqués et vendu par le groupe bigard

altitude 1015

Mais ou en est la grande doctrine : toujours plus de performances, de batiments , d'investissements , de travail, de dettes ???? Préchée par la FNSEA. Ca y est on est peut-être au bout de cette utopie ?? Que vont faire les agriculteurs? appeler la cellule suicide de leur MSA ou se faire berner longtemps encore par un synndicat qui ne se préoccupe que des entreprises, des banques, des fournisseurs: tous ceux qui font leur beurre sur le dos des agriculteurs.

eleveur

les coop ferai mieux de virer tous les haut salaire car se n'est plus les agri qui tiennent les coop mais ses salarié qui eux ont tous les avantage comme : voiture,carte gasoil,resto,5 semaine de congé,13mois....
alors il grand temps de faire le ménage

2222

Même une coopérative d’éleveur ne peu jouer le jeu

1584

on voit bien que les industriels et la gms marchent main dans la main ; au lieu de remonter le prix de vente ils préfèrent tuer les paysans ; après tout ils n'ont qu'à demander des aides européennes il parait que les céréaliers sont riches ....! les agris veulent du prix mais pas de primes allez savoir pourqoi!

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