Les prix agricoles à la production restent stables en 2016 (Observatoire des prix)

Anne Sophie LESAGE

Les prix agricoles à la production restent stables en 2016 (Observatoire des prix)

Ce mardi, au Ministère de l’Agriculture, Philippe Chalmin, Président de l’observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, a présenté son rapport 2017 remis au parlement. « Tous produits agricoles confondus, la moyenne des prix à la production agricole stagne avec +0,3% en 2016, par rapport à 2015. »

Nomination

Les prix agricoles à la production restent stables en 2016 (Observatoire des prix)

Philippe Chalmin, nommé depuis novembre 2010, à la Présidence de l'Observatoire, a indiqué « que l’arrêté de nomination (du nouveau Président de l'Observatoire des prix, ndlr) se balade. » L’arrêté en question aurait été émit il y a 10 jours. « J’ai cru comprendre que l’arrêté me concernait. » Il espère les élections présidentielles ne ralentiront pas le processus. Encore en mandat jusqu’au 20 avril, le président de l’observatoire a indiqué que « vu son âge, ce mandat, serait le dernier. »

D’après Philippe Chalmin, « le président de l’observatoire doit être quelqu’un d’indépendant. Il ne doit pas être un politique ou un haut fonctionnaire. » « L’observatoire est une structure qui n’a aucun équivalent en Europe.» que d’après Philippe Chalmin, beaucoup de pays nous envient. 

Comme chaque année, les résultats de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, a été présenté par son Président, Philippe Chalmin. Ce rapport, remis au parlement, qui a maintenant 6 années d’existence, a pour méthode d’observer les prix « du champ à l’assiette » ce qui, d'après Philippe Chalmin, « correspond de moins en moins à nos modes de consommation » puisque « la part agricole du panier alimentaire du ménage, ne cesse de diminuer. » 

D’après le Président de l’Observatoire, 2016 est une année marquée par de très fortes instabilités pour les marchés agricoles. « En une quinzaine d’année, on est passé du stable à l’instable. » Philippe Chalmin insiste, « il faut noter la grande instabilité des prix agricoles face à la grande stabilité des prix à la consommation. » Pour lui, l’illustration parfaite est le cas de la baguette : « le prix du blé à baissé et pour autant, le prix de la baguette n’a pas évolué. »

Prix

« L’année 2016 est caractérisée par un nouveau recul des prix agricoles pour la deuxième année consécutive » pour le lait, les bovins viande, et blé tendre et le blé dur. « En revanche, les prix à la production progressent en 2016 pour le porc et les fruits et légumes. » Globalement « tous produits agricoles confondus, la moyenne des prix à la production agricole stagne avec +0,3% en 2016, par rapport à 2015. » D'après Philippe Chalmin, « il n’y a pas beaucoup de producteurs qui couvrent la réalité de leurs coûts de production. » Les prix à la consommation alimentaire progressent en moyenne de +0,7%, en 2016. Ce chiffre est supérieur à l'inflation générale, qui est de +0,2%.

D’après l’observatoire, « la baisse des prix à la production des gros bovins et veaux de boucherie en 2016, (-4%) est liée à l’augmentation des abattages des vaches laitières (…) mais aussi à un afflux de vaches allaitantes. » Pour Philippe Chalmin, depuis 2011, « jamais un éleveur de race allaitante n’a couvert ses coûts de production. » La filière viande bovine « c’est la filière par excellence qui est une adition de solde négatif. » « Le producteur de race allaitante ne gagne pas sa vie puisque la majorité des viandes consommées sont des vaches de réforme, le rayon boucherie de la grande distribution est négatif de l’ordre de 2 à 3% et le consommateur trouve encore cela trop cher! » Avant d'ajouter, « sur cette filière, je ne peux pas identifier quelque gagnant que ce soit ! »

En revanche, le prix à la production progresse pour le porc +3%, « sous l’effet d’un rebond inattendu de la demande chinoise. »

Concernant le lait, le prix à la production a lui baissé de -7,3% en 2016, après avoir chuté de -14% en 2015. D’après l’Observatoire, « cette baisse est due à une collecte abondante dans l’Union Européenne, alors que les pays importateurs ont ralenti leur demande en produits laitiers. » Ces chiffres sont en contradiction avec l'évolution du prix d'achat moyen pondéré des produits laitiers, qui a lui, augmenté de 1%.

Enfin, le blé tendre accuse une baisse du prix moyen de -9,3% en 2016, et ce, pour la troisième année consécutive, en raison de faibles rendements d'une dégradation de la qualité. D'après l'Observatoire, « le prix de la farine sortie usine, pour la boulangerie artisanale baisse également de -2,7%.»

Réactions 

Nouveauté de l’édition 2017 de l’Observatoire des prix, l’intégration du secteur de la restauration dans le calcul de l’euro alimentaire. Ce calcul, basé sur des données de 2013, indique que sur 100 euros de consommation alimentaire seulement 6,3€ reviennent à l’agriculture. Réaction immédiate de l’APCA « ce rapport confirme que les coûts de production des agriculteurs, lorsqu’on y inclut la rémunération de la main d’œuvre familiale, ne sont pas couverts par les prix, ni même par les aides dans certaines filières. »

Alors qui est le grand gagnant ? qui s’en met plein les poches ? D’après Philippe Chalmin, « c’est le consommateur ! » « Il y a un lissage des prix ! » Philippe Chalmin insiste « il y a de moins en moins de lien entre les prix payés au producteur, qui sont les prix de marché et les prix payés par le consommateurs, ceux-ci issus d'une concurrence stabilisatrice entre acteurs de la grande distribution.» 

Pour la FNSEA, « la déconnexion entre les prix des produits agricoles et les prix à la consommation est de plus en plus flagrante : c'est un défaut majeur de la LME qu'il faudra corriger ! Il faut maintenant stopper l'hémorragie avant que des pans entiers de notre agriculture ne disparaissent. » Le syndicat a également réagi au sujet de la non publication des comptes du numéro Un des produits laitiers Lactalis. « L'exigence de transparence est impérative pour contribuer à des règles du jeu équilibrées. Chaque maillon doit y participer : ceux qui ne jouent pas le jeu sont évidemment suspects ! »

Les JA ont, quand à eux regretté que les GMS poursuivent la « guerre des prix », sous prétexte de « défense du pouvoir d'achat des consommateurs », les producteurs, eux, ne peuvent même pas couvrir leurs coûts de production.

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Commentaires 3

Bruno02

« le prix du blé à baissé et pour autant, le prix de la baguette n’a pas évolué. »
C'est une blague ?
J'ai reçu une note de mon boulanger expliquant que le prix du blé ayant augmenté ( pendant 3 mois ), la baguette augmentait de 10 centimes.
Trois mois plus tard, la baguette est restée au même prix.

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

une stabilité au raz des paquerettes... on se fout de notre G....

Ricou

« il y a de moins en moins de lien entre les prix payés au producteur, qui sont les prix de marché et les prix payés par le consommateurs, ceux-ci issus d'une concurrence stabilisatrice entre acteurs de la grande distribution.»
Il y a quand meme des lois pour interdire la vente à perte non ?

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