Les professionnels réclament un plan de modernisation pour la Sauvegarde de la filière porcine bretonne

Claudine Gérard - Réussir Porcs Mars 2013

Les professionnels réclament  un plan de modernisation  pour la Sauvegarde de la filière porcine bretonne
Le plan de modernisation des élevages bretons se chiffre à 524 millions d’euros pour couvrir les constructions et les rénovations. © C. Gérard

Pour enrayer le déclin de la production porcine bretonne, le CRP et l’UGPVB proposent un plan d’envergure de construction et de rénovation de bâtiments qui pourra redonner de la compétitivité aux éleveurs. Sous réserve de simplifications administratives.

Entre rénovation et construction de bâtiments neufs, 853 sites d’élevages bretons nécessitent 250 000 places de post-sevrage et près de 600 000 places d’engraissement pour pouvoir produire correctement et rester techniquement compétitif par rapport aux voisins européens. Ces données obtenues au travers d’une expertise, groupement par groupement, élevage par élevage, constituent la base du plan de sauvegarde de la filière porcine bretonne proposé par le Comité régional porcin (CRP) et l’Union des groupements (UGPVB). Au total, ces investissements s’élèveraient à 524 millions d’euros que les éleveurs devraient pouvoir trouver auprès des banques selon Michel Bloc’h, président de l’UGPVB, qui témoigne que « malgré les difficultés, les banques savent faire la différence entre un besoin de trésorerie et le besoin de fonds pour pérenniser les outils ». Ce plan est aussi présenté comme un soutien à l’emploi breton. « Ces investissements permettraient de préserver 3100 emplois dans la filière porcine, et pourraient permettre de créer 5200 emplois dans le bâtiment sur trois ans », argumente Philippe Bizien, président du CRP.
Pour les éleveurs bretons, l’enjeu est bien de moderniser les élevages, afin de rester techniquement compétitifs par rapport à leurs voisins européens. Mais il vise aussi à améliorer les conditions de travail, rendre le métier plus attractif pour la main-d’œuvre salariée et respecter encore davantage l’environnement, « puisque chacun sait que des bâtiments modernes sont plus efficaces, ont de meilleures performances énergétiques, et génèrent moins de rejets », argumente Michel Bloc’h. « Je tiens à souligner que, dans ce plan il n’est pas prévu de création d’élevages nouveaux, mais simplement une amélioration des outils existants, et que nous ne demandons aucune subvention ! », insiste Philippe Bizien. « Et la décision est bien franco-française. Elle appartient à nos hommes politiques et à personne d’autre, ni à Bruxelles, ni ailleurs », prévient-il.

Harmonisation des seuils d’Installations Classées au niveau européen

Car ce projet de « chantier » du parc de bâtiment breton ne pourra démarrer que si une réelle simplification administrative finit par voir le jour. Les professionnels réclament concrètement l’harmonisation des seuils d’Installations Classées au niveau européen. « Le fait que nos seuils soient dix fois plus élevés que dans d’autres bassins européens fait que nos dossiers demandent 3 à 4 ans pour aboutir et qu’évidemment nos éleveurs se découragent », déplore Michel Bloc’h. Par ailleurs, les professionnels réclament une réforme des ZES « réelle et efficace » avec une « véritable fin des droits d’azote organique, un relèvement des seuils d’obligation de traitement à 25 000 unités d’azote, et la simplification des procédures administratives de mise à jour des plans d’épandage ».
En contrepartie, les professionnels proposent deux engagements majeurs : premièrement « conforter la transparence des pratiques environnementale par une déclaration annuelle des flux d’azote sur chaque exploitation » ; et deuxièmement « engager la production porcine bretonne dans une démarche collective de responsabilité sociétale, avec la définition et le suivi d’indicateurs de développement durable ».

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Dans l’attente d’un rendez-vous au ministère

Ce programme a été présenté aux élus bretons : députés, sénateurs, conseillers régionaux et généraux, députés européens et partenaires sociaux. « Le programme a été particulièrement bien accueilli par les élus de tous bords », se réjouissent les présidents. « Mais nous avons été frappés par l’inquiétude qui prévaut chez les partenaires sociaux, syndicalistes, salariés… face à la menace sur leurs emplois. » L’emploi qui est l’argument majeur des professionnels qui ont fait les comptes : la filière porcine bretonne génère 31 000 emplois directs. Sachant que les prévisions font état d’une baisse de production de 10 % à l’horizon 2014, ce sont donc 3 100 emplois qui sont en jeu, calculent-ils ajoutant que « 10 % de baisse de production, ce sont 1,5 million de porcs en moins, soit la capacité de 1,5 abattoir. Il est bien évident qu’on ne gardera pas l’industrie s’il n’y a plus de production ! », affirme Philippe Bizien. « Ce sont donc 3 100 emplois qui sont suspendus à la décision des ministres Batho et Le Foll », annoncent-ils, précisant qu’ils attendent d’être reçus pour exposer leur programme. « L’heure n’est plus aux constats. On ne peut plus se contenter de paroles. Il est temps de répondre à nos demandes cohérentes et légitimes et prendre des décisions, et rapidement, car il y a urgence ! », prévient le président du CRP.

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