Maladie d'amaigrissement du porcelet : Le contexte MAP a changé

Claudine Gérard

Le circovirus est toujours présent dans les élevages. Mais, par rapport à la situation que l'on connaissait il y a dix ans, la maladie a changé et l'on dispose de vaccins pour la truie et les porcelets permettant de maîtriser le virus.

Rappelons nous… Elle s'est appelée le « dépérissement fatal du porcelet », puis « maladie d'amaigrissement du porcelet », la MAP. C'était il y a plus de 10 ans et les chercheurs restaient désarmés devant cette pathologie catastrophique qui projetaient les taux de pertes en post-sevrage à des niveaux jamais vus…
Aujourd'hui, le contexte a changé. On connaît mieux le virus en cause, le PCV2, ou circovirus. On observe aussi que, en grande partie grâce aux « 20 mesures de Madec », la maladie ne conduit plus à ces taux de mortalité si élevés. Des mesures qui ont par ailleurs permis de « remettre de l'ordre » dans la conduite en général, et dans la maîtrise des autres contaminants de l'élevage !
Mais le virus n'a pas disparu. Et la maladie revêt à présent des formes chroniques qui peuvent presque passer inaperçues, à l'image d'un malade qui s'ignore. Elle se déclare plus tardivement chez les porcs en engraissement, se manifestant surtout par de l'hétérogénéité et des performances en dessous des attentes. De plus, le rôle du virus sur les truies, déjà pressenti depuis quelque temps, est aujourd'hui aussi avéré : avortements, retours en chaleur, momifiés… autant de problèmes qu'on pourrait imputer à d'autres contaminants comme le parvovirus, mais qui sont bien liés au PCV2.

La maladie revêt à présent des formes chroniques qui peuvent presque passer inaperçues. .Elle se déclare plus tardivement chez les porcs en engraissement. (C. Gérard)

La maladie revêt à présent des formes chroniques qui peuvent presque passer inaperçues. .Elle se déclare plus tardivement chez les porcs en engraissement. (C. Gérard)

Autre élément nouveau, le diagnostic. La communauté scientifique s'est accordée sur une méthode de diagnostic en élevage et en laboratoire, basée sur l'observation clinique suivie d'histologies d'organes en laboratoire et de détection du virus par PCR. Une méthode plus simple et moins coûteuse sur des prélèvements sanguins en engraissement constitue une alternative qui a aussi fait ses preuves.
Une nouvelle donne de taille, c'est que les vétérinaires et éleveurs disposent aujourd'hui de vaccins destinés aux porcelets et aux truies. Ils possèdent donc les « armes » de prévention qu'ils pourront utiliser selon l'objectif fixé. Se focaliser sur la vaccination des truies afin d'améliorer les performances de reproduction, protéger le jeune porcelet et abaisser l'excrétion dans l'élevage. Ou privilégier la vaccination des porcelets afin de le protéger jusqu'à l'abattage. Ou les deux ! Différents protocoles vaccinaux peuvent être élaborés à l'aide des vaccins disponibles afin d'agir sur le court et le long terme et, pourquoi pas, stabiliser l'élevage vis-à-vis du PCV2, à défaut de pouvoir l'éradiquer.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de mai 2010 (RP n°171, p. 14 à 26).

Source Réussir Porcs Mai 2010

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