Michel Bloc'h, président de l'UGPVB (1) : La lutte contre les distorsions de concurrence est notre priorité »

Propos recueillis par Claudine Gérard

Président de l'UGPVB depuis un peu plus d'un an, Michel Bloc'h souhaite fédérer toute la filière porcine pour dénoncer les avantages dont bénéficient certains bassins porcins européens, tout particulièrement l'Allemagne.

Que peut faire l'UGPVB face aux distorsions de concurrence que subissent les éleveurs français ?

Il y a deux ans, nous, professionnels, étions les seuls avec le CRP à dénoncer le fait que les Allemands bénéficiaient de deux avantages considérables : le recours dans les abattoirs à de la main-d'oeuvre étrangère sous payée, qui leur procure un avantage de 5 € par porc, et, pour les éleveurs, un système forfaitaire de TVA qui, par rapport à nous qui sommes au réel, constitue aussi un avantage que nous chiffrons à 3,60 € par porc. Aujourd'hui, toute la filière porcine française a pris conscience qu'il s'agit du problème numéro un. Notre ambition est donc de fédérer encore tous les acteurs autour de ce problème, comme cela a été fait pour la taxe Borloo. Nous devons nous inspirer de cette organisation.

Michel Bloc'h, éleveur dans le Finistère, est président du groupement Coopagri Bretagne. (C. Gérard)

Michel Bloc'h, éleveur dans le Finistère, est président du groupement Coopagri Bretagne. (C. Gérard)

La différence avec cette taxe Borloo, c'est que le problème n'est pas franco-français, mais européen.

Précisément, la PAC ne doit pas se limiter au seul soutien à l'agriculture. Elle doit permettre de créer au niveau européen un espace économique équitable où les pays ont les mêmes règles de fonctionnement. Nous devons continuer à alerter l'opinion publique et mettre la pression sur les politiques. L'Etat doit comprendre que ces distorsions de concurrence, y compris celles qui touchent l'environnement, engagent l'ensemble de la filière porcine française.
Par ailleurs, il existe des voies juridiques pour mettre fin à ces inégalités, et nous ne nous interdisons pas d'y avoir recours.

La solution n'est-elle pas chez nous, au travers d'un meilleur fonctionnement du MPB ?

Soyons clairs, le MPB et Uniporc Ouest sont deux outils uniques qu'il faut absolument défendre. Les apports au MPB constituent un vrai débat. Nous savons qu'il faut augmenter le nombre de porcs au marché, et viser probablement 80 000 porcs par semaine. Mais au-delà de ces volumes, c'est la provenance géographique des porcs qui doit être rééquilibrée. Alors que la grande majorité vient du Finistère, compte tenu des positions des outils d'abattage, il faudrait davantage de porcs venant de l'Est des Côtes-d'Armor, d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.

Mais si ces porcs sont produits au sein de filières, pourquoi passeraient-ils par le marché ?

Etre en filière n'est pas incompatible avec la participation à la formation du prix cadran pour tous les éleveurs. Je crois qu'il faut vraiment l'expliquer à tous les éleveurs qui n'ont peut-être pas tous compris le fonctionnement du MPB.

Que dites-vous aux éleveurs qui pensent que les restructurations des groupements n'ont pas permis de soutenir le cours ?

La concentration des structures n'a pas été engagée pour améliorer la conjoncture, qui ne dépend que du rapport offre/demande. En revanche, elle est faite pour apporter plus de compétitivité aux structures, grâce à des économies d'échelle. Beaucoup de travail a été fait. Il faudra probablement une pause, mais l'avenir reste à écrire. Nous ne sommes pas au bout du processus. Ce sont les hommes et les femmes qui sont à la tête des organisations qui en auront les clés.

Votre volonté est-elle toujours de simplifier les structures, créer une union de producteurs d'un Grand Ouest ?

Nous n'avons pas créé une organisation unique du Grand Ouest, mais mis en place une cellule qui rassemble la Bretagne, les Pays de la Loire et la Normandie. L'objectif est de nous unir pour défendre des sujets transversaux comme le sanitaire, l'économique… et aller porter ensemble des sujets à Paris.

(1) Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne

Source Réussir Porcs Juin 2010

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