Mobilisation des producteurs de porcs face à la baisse des cours

Mobilisation des producteurs de porcs face à la baisse des cours

Quelque 200 agriculteurs se sont réunis jeudi soir à Plérin pour exprimer leur inquiétude face à la faiblesse des cours du porc qui risque de mettre en péril de nombreux élevages ainsi que des emplois dans la filière agro-alimentaire.

Opérations "stickage" en Bretagne : "exigez le porc français"

Les éleveurs  de porcs de la FDSEA ont mené samedi une opération de "stickage" dans le rayon charcuterie d'un hypermarché près de Rennes, où ils ont lâché huit porcelets.  Les manifestants ont déposé de la paille sur le sol et tagué les vitrines présentant des produits de salaisonniers industriels sans mention d'origine avec les slogans "Cochon sur paille oui, éleveur sur la paille non", "Où est le porc français?", "Exigez le logo VPF" (viande de porc française).

Des Jeunes Agriculteurs (JA) ont effectué des opérations similaires dans des hypermarchés de Brest et Quimper, où ils ont apposé des autocollants "viande de nulle part", "viande d'origine inconnue" sur les produits sans mention d'origine.

Ces opérations de stickage devraient s'étaler sur plusieurs semaines.

Le kilo de porc a été coté jeudi à 1,087 euros au marché au cadran de Plérin qui sert de référence au plan national. Les éleveurs réclament une "hausse immédiate de 30 centimes" au producteur "qui se traduira par quelques centimes sur le produit final". Ces cours n'ont cessé de baisser depuis l'entrée en vigueur de l'embargo russe, en janvier 2014, qui a totalement déstabilisé le marché européen, selon les responsables du Marché du porc breton (MPB).

"La situation de nombreux élevages est catastrophique. Un élevage de 200 truies perd actuellement 11.500 euros par mois" par rapport à ses coûts de production, explique Didier Lucas, président de la FSDEA  des Côtes d'Armor. "Ça ne pourra pas continuer longtemps comme ça", a-t-il dit, estimant que "40% des élevages du département" -premier producteur national- seront "à plus de 100% d'endettement avant fin mars".

Si des éleveurs jettent l'éponge, c'est toute la filière qui va en payer le prix en terme d'emplois: "je ne vois pas les abattoirs continuer s'il n'y a plus assez de porcs, et, dans l'alimentation animale, il y aura  inévitablement des suppressions d'emplois. Même chose chez les artisans".

Une production en baisse de 8%

La production de porcs a diminué de 8% en France depuis 2008, rappelle  Didier Lucas. Du fait notamment de cette baisse de la production, l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère), qui employait près de 900 personnes, a fermé il y a plus d'un an.

De son côté, le Comité régional porcin souligne le poids de l'embargo russe. "Les éleveurs de porcs ne peuvent pas être la chair à canon au service des décideurs politiques européens engagés dans un conflit international  avec la Russie, lourd de conséquences pour l'économie de la filière", a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Il met également en cause la persistance des distorsions de concurrence, "sur fond de dumping fiscal et social" avec l'Espagne et le Nord de l'Europe, où la production progresse, contrairement à la France.

Source Avec AFP

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