« Nous assumons notre rôle de leader » affirme Patrice Drillet, Vice-président de Cooperl Arc Atlantique

Propos recueillis par Claudine Gérard - Réussir Porcs Octobre 2012

« Nous assumons notre  rôle de leader » affirme Patrice Drillet, Vice-président de Cooperl Arc Atlantique
Patrice Drillet, vice-président de Cooperl Arc Atlantique. © C. Gérard

Cooperl Arc Atlantique a officiellement annoncé au Space la mise en place de la production de mâles entiers après deux ans de recherches.

. Une des principales craintes soulevées par les professionnels porte sur le risque d’avoir des viandes malodorantes qui nuiraient à l’image du « produit porc » en général.

Si nous nous lançons dans cette production, c’est en pleine connaissance du sujet, et parce que nous sommes bel et bien prêts. Voilà deux ans que nous travaillons, en mobilisant les compétences transversales de vingt spécialistes dans les différents domaines impliqués, et en étudiant tous les paramètres sur la base de quarante élevages en test grandeur nature. Tous les points de la démarche sont aujourd’hui validés. Sachant que, chaque jour, environ 12 millions de personnes consomment du porc issu de Cooperl Arc Atlantique, nous avons évidemment l’obligation de résultat.

. Vos concurrents vous reprochent de n’avoir pas « joué collectif » dans ce dossier.

Nous n’avons cessé d’interpeller la profession sur la nécessité d’avance sur ce dossier. Nous avons accompagné dès le début les essais conduits à l’initiative de l’Arip, et sommes partenaires dans le projet Drome, projet collectif de recherche sur la détection des odeurs. Mais nous ne pouvions accepter de marcher à la vitesse du plus lent. Et nous avons jugé l’horizon affiché de 2018 beaucoup trop tardif. Nos concurrents européens, hollandais, allemands… n’ont pas attendu l’unanimité de leur entourage pour se lancer. Et nous jouons là pleinement notre rôle de leader français du porc.

. Concrètement, vos adhérents vont donc arrêter de castrer dès demain ?

Non ! L’objectif n’est pas de généraliser la non-castration. Il s’agit pour nous d’inscrire cette production dans la démarche bien-être, de l’intégrer au sein d’un système de production spécifique. Les éleveurs intéressés devront pouvoir respecter un cahier des charges que nous avons élaboré pour, en particulier, limiter au maximum le pourcentage de carcasses mal odorantes. Car nous avons clairement établi que l’ensemble de la conduite d’élevage (alimentation, techniques d’élevages, bâtiments…) et la génétique qui est apparue un facteur essentiel, étaient impliqués dans ce pourcentage qui, par ailleurs est moins élevé que ce qui est généralement avancé. Chez les éleveurs candidats à la non-castration, un audit technico-économique sera tout d’abord établi avec nos techniciens afin de juger de l’intérêt de se lancer, sachant que pour certains, il est préférable de continuer à castrer.

. Se pose en effet le problème du paiement de ces carcasses.

Nous avons mis en place sur notre chaîne d’abattage un système de détection par des « nez humains » afin d’identifier les carcasses présentant un risque d’odeurs. Les mâles entiers ne présentant pas ces défauts seront valorisés à leur juste valeur économique. Les autres seront pénalisés. Ce qui explique que tous les éleveurs n’auront pas intérêt économiquement à arrêter de castrer si le risque d’avoir un pourcentage de carcasses odorantes trop élevé est avéré.

. Que ferez-vous de ces carcasses odorantes ?

Cela relève de notre savoir-faire interne, mais sachez que ce problème est évidemment résolu. Mais je répète que le but est d’en diminuer le taux de façon significative au travers de notre cahier des charges en élevage.

. On vous soupçonne bien sûr de vouloir prospecter les adhérents des autres groupements avec cette offre.

Les démarches commerciales ont toujours existé dans tous les sens ! Aujourd’hui, cette possibilité d’arrêter la castration s’inscrit dans le cadre de notre démarche de filière au service des éleveurs. Après cinq ans de difficultés conjoncturelles, il était opportun de trouver une réelle source de valeur ajoutée pour les producteurs ! Nous ne sommes pas des fournisseurs de l’agroalimentaire, mais des bâtisseurs d’une filière avec une juste répartition de la marge au profit de l’adhérent.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires