Nutrition : L'optimisation des formules contribue à la baisse des rejets

Dominique Poilvet

En 20 ans, les rejets azotés par kilo de porc produit ont diminué de 40 %, et ceux de phosphore de 66 %. Un gain à mettre à l'actif de la nutrition qui a su innover.

A l'occasion d'une conférence de presse organisée lors du dernier Space par DSM, Jean-Yves Dourmad, chercheur à l'Inra de Rennes-Saint-Gilles, a rappelé combien la nutrition des animaux peut être un levier majeur de la réduction de l'impact de l'élevage sur l'environnement. « En 20 ans, l'excrétion moyenne d'azote par kilo de porc produit en France a diminué de 40 %, passant de 66 grammes par kilo en 1994 à moins de 45 g/kg en 2004 », indique-t-il. L'évolution des rejets phosphorés est encore plus nette, avec une baisse de 66 % sur la même période, de 18 g/kg à 8 g/kg. Pour expliquer cette évolution, le chercheur met en avant une meilleure prise en compte des besoins des animaux, avec notamment la mise en place des normes Corpen. « Cela a permis de stopper la course à des taux toujours plus élevés qui sévissait dans les années 90 pour se démarquer de la concurrence », se souvient-il. Le taux de phosphore des aliments ont ainsi pu baisser grâce à l'utilisation de phytase, une enzyme qui permet de mieux valoriser le phosphore contenu dans les matières premières. De la même manière, l'emploi d'acides aminés de synthèse (lysine, thréonine, méthionine…) a permis de diminuer les taux azotés tout en respectant les besoins des animaux.

Les rejets azotés et phosphorés des porcs ont beaucoup baissé en 20 ans mais il faut aller plus loin, en adaptant notamment les déjections animales à leur utilisation finale. (D. Poilvet)

Les rejets azotés et phosphorés des porcs ont beaucoup baissé en 20 ans mais il faut aller plus loin, en adaptant notamment les déjections animales à leur utilisation finale. (D. Poilvet)

Par ailleurs, de nouveaux concepts nutritionnels d'évaluation des aliments ont vu le jour, permettant de mieux cerner les besoins des porcs. L'évaluation des besoins énergétiques est passée de l'énergie digestible à l'énergie nette. Les acides aminés et le phosphore sont désormais raisonnés en apports digestibles. Enfin, des modèles de prédiction des besoins des animaux à chaque stade physiologique ont été développés, comme l'InraPorc dont Jean Yves Dourmad est l'un des concepteurs. « D'autres voies permettant la réduction des excrétions polluantes sont encore envisageables », estime le chercheur. Des travaux devront être notamment réalisés pour mieux contrôler les caractéristiques des excrétas, afin de mieux les adapter à leur utilisation finale : traitement, fertilisation ou bien transfert. « Des approches plus globales seront nécessaires, afin d'optimiser les liens qui existent entre les animaux d'élevage d'une part, et les cultures d'autre part », conclut Jean Yves Dourmad.

 

 

Source Réussir Porcs Décembre 2009

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