Plus de patriotisme économique

C. JOLY

« Il est impératif que l’ensemble des maillons œuvre pour valoriser le porc français auprès des consommateurs via le logo [... ] Il peut amener le consommateur à être plus patriote dans son acte d’achat ; encore faut-il y croire et œuvrer dans ce sens », déclare Mickaël Guilloux.
« Il est impératif que l’ensemble des maillons œuvre pour valoriser le porc français auprès des consommateurs via le logo [... ] Il peut amener le consommateur à être plus patriote dans son acte d’achat ; encore faut-il y croire et œuvrer dans ce sens », déclare Mickaël Guilloux.

Après l’entreprise Petitgas, c’est Bordeau-Chesnel qui a reçu la visite d’une cinquantaine d’éleveurs de porcs de la région des Pays de la Loire lundi 23 février dès 5 heures du matin.

Après avoir rappelé le contexte économique que vivent les éleveurs depuis 8 ans et le déclin de production constaté annuellement d’environ 2 % sur la même période, Mickaël Guilloux, président de la section porcine FRSEA Pays de la Loire a exposé les attentes des éleveurs vis-à-vis de l’entreprise.
Le premier point était d’amener l’entreprise à afficher le logo « Le porc Français » sur ses pots de rillettes élaborées avec 95 % de coches françaises. Malheureusement, la première réponse est une fin de non-recevoir. L’entreprise se retranchant sur son besoin de conserver une possibilité d’utiliser de la viande de porc importée au cas où le marché français ne pourrait plus répondre à sa demande. « En tant qu’éleveur de porc et responsable syndical, je ne peux cautionner cette attitude. En suivant cette logique, on prend le problème à l’envers en actant que le recours aux importations est inévitable à l’avenir et que notre filière est perdue. Il est impératif que l’ensemble des maillons œuvre pour valoriser le porc français auprès des consommateurs via le logo afin de créer de la demande et donc, de la production et de maintenir les emplois induits. Ce logo est visible, facilement identifiable. Il peut amener le consommateur à être plus patriote dans son acte d’achat ; encore faut-il y croire et œuvrer dans ce sens » s’indigne Mickaël Guilloux.
Cette position est d’autant plus insupportable pour les éleveurs que le logo « Le Porc français » est une démarche validée par le ministère de l’Agriculture et par l’ensemble des membres de l’interprofession porcine dont le maillon charcuterie-salaisonnerie est partie prenante.
Sur le volet rémunération des éleveurs et meilleure prise en compte de la volatilité du coût de production, les dirigeants de l’entreprise ont proposé, d’une part, que le collège des producteurs et le collège des charcutiers s’unissent au niveau national pour défendre le prix des produits charcutiers face à la grande distribution, et, d’autre part, de mettre en place rapidement un groupe de travail entre quelques responsables porcins de la FRSEA et des cadres de l’entreprise pour réfléchir à un contrat gagnant – gagnant. Le but serait de sécuriser l’approvisionnement de l’entreprise en porc français à un prix négocié avec les éleveurs.

Les responsables présents prennent acte de ces propositions mais Isabelle Leballeur, membre du bureau de la FDSEA 72, a rappelé que le sujet de la contractualisation avait déjà été abordé il y a 4-5 ans et qu’il n’y avait jamais eu de suite. Elle précise également qu’« il est vraiment dommageable que l’entreprise n’intègre pas dans sa stratégie marketing le logo « Le porc Français » alors que celle-ci affirme n’utiliser que du porc français. Quant à la grande distribution, les éleveurs agissent depuis longtemps pour que la politique du prix le plus bas cesse. Mais sans réelle volonté des industriels, quels qu’ils soient, le rapport de force sera toujours déséquilibré ».
Les éleveurs restent persuadés que leur avenir réside en partie dans l’affichage de l’origine des matières premières dans les produits alimentaires. Pour faire plier les acteurs qui vont à contre-courant, des opérations de communication vont se poursuivre à destination des consommateurs. Par leur acte d’achat, ils conditionnent l’avenir d’une production mais aussi, de milliers d’emplois. Si c’est le consommateur qui exige le logo « Le porc Français » alors il y a une chance pour que les industriels et les GMS rentrent dans le droit chemin.

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