Porc : les éleveurs n'en ont pas fini avec la crise

Porc : les éleveurs n'en ont pas fini avec la crise

Chute drastique des prix payés aux éleveurs, aides gouvernementales jugées insuffisantes, le tout sur fond de guerre entre bassins de production européens : les éleveurs de porcs bretons, n'en ont pas fini avec la crise, laissant craindre une nouvelle poussée de colère.

"On est face à des drames humains chaque jour et on n'a pas les moyens de faire face", constate Didier Lucas, président du syndicat agricole FDSEA dans les Côtes d'Armor. La situation est telle que "je crains que l'on aille au-devant de difficultés qui vont se traduire par des manifestations et troubles à l'ordre public", a estimé de son côté lors de ses voeux à la presse le préfet de la région Bretagne, Patrick Strzoda. Fin janvier, "on aura traité 1.000 dossiers d'éleveurs porcins en termes d'aide à la trésorerie, d'aide à la restructuration de la dette" dans le cadre du plan de soutien à la filière mis en place par le gouvernement cet été, a dit le préfet. Mais "pour bon nombre, malheureusement, ce ne sera (...) pas suffisant pour éviter des cessations d'activités", a-t-il reconnu. L'hécatombe a déjà frappé: quelque "20% des éleveurs" porcins de la région, qui représente 58% de la production nationale de porcs charcutiers, "ont déjà arrêté ou devraient déposer le bilan", affirme Didier Lucas. Sans compter les autres 20% "qui approchent de la zone rouge".

"Chaque jour, on a connaissance autour de nous de gens qui arrêtent", confirme Paul Auffray, président de la FNP. En cause, notamment, un prix au cadran tombé début janvier à 1,07 euro le kilo de viande de porc, sous l'effet conjugué de l'embargo russe sur l'agroalimentaire européen, de la guerre des prix dans la grande distribution et de la perte de compétitivité de la filière porcine française. Un montant largement insuffisant pour couvrir les coûts de production des éleveurs et leur permettre de se dégager un salaire.      

'Bonnets roses'

Pour ce faire, il faudrait atteindre un prix qui "se rapprocherait de 1,40/1,50 euros le kilo", estime René Le Goudivès, éleveur de porcs dans le Morbihan, à l'origine, avec d'autres éleveurs, de la création début janvier du collectif "Sauvons l'élevage français". Un prix d'équilibre de 1,40 euro avait pourtant été négocié peu avant l'été dernier sous l'égide du gouvernement, après d'importantes manifestations d'éleveurs. Mais une puissante fédération d'éleveurs rassemblant l'ensemble des groupements de producteurs de Bretagne, l'UGPVB, y avait ensuite renoncé.   Cette dernière a pointé, dans un communiqué, la "perte de compétitivité de la filière porcine française" et regretté "qu'aucune réponse politique n'ait été apportée (...) concernant le dumping fiscal et social qui affaiblit structurellement le bassin de production depuis 10 ans".   Face à la situation, le collectif "Sauvons l'élevage français, qui s'affirme indépendant des structures syndicales et ouvert à toutes les productions", a lancé un appel à un rassemblement jeudi à Plérin (Côtes d'Armor) devant la maison du porc, après la cotation au Marché du Porc breton (MPB), référence nationale pour le prix du porc, qui y a son siège.

"On va faire appel à la grande distribution et aux pouvoirs politiques pour qu'on se rencontre rapidement afin qu'on trouve des solutions pour obtenir un prix rémunérateur comme nous le demandons", a précisé M. Le Goudivès, dont le collectif a choisi pour signe de ralliement les bonnets roses, clin d'oeil aux bonnets rouges qui ont symbolisé en 2013 la lutte contre l'écotaxe en Bretagne. Pour y parvenir, il prône des espaces dédiés aux produits issus du porc made in France dans les grandes surfaces, ainsi qu'une restructuration de la filière porcine. "Il y a un nombre très important de structures et de coopératives qui font toutes la même chose. Elles ont toutes une bardée de salariés, avec des bâtiments, des voitures, des charges fixes... que nous, éleveurs, on doit supporter, sauf que notre kilo de cochon, il n'en peut plus aujourd'hui", a-t-il estimé.

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Commentaires 3

dob

c'est moi ou le commentaire de "m" contient des sous entendus racistes ?

CHABLE360

la crise est dramatique l espoir est mince mais la base les cochonniers de l ouest on du courage on ne va pas mourir sans rien dire

m

on ne soutiendra pas les éleveurs de porc avec des politiques de gauche qui ne mange pas de proc . les Français sont des bouffeurs de porc , cet tout, ca cet dit

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