Porc : les syndicats agricoles exigent que les cotations reprennent dès mardi

Porc : les syndicats agricoles exigent que les cotations reprennent dès mardi
Pascal Ferey

Le président de la FRSEA de Basse Normandie, Pascal Ferey, a exigé lundi, à l'issue d'une réunion des syndicats des principales régions productrices de porc à Rennes, que les cotations de cette viande au marché du porc breton (MPB) à Plérin, suspendues depuis une semaine, reprennent dès mardi.

"On exige que dès demain (mardi), les cotations au marché au porc breton (MPB) soient rouvertes", a déclaré M. Ferey, quelques heures avant l'ouverture d'une table ronde au ministère de l'Agriculture, à laquelle sont conviés les acteurs de la filière porcine. La cotation est suspendue depuis une semaine suite au refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa, de payer le prix préconisé par le gouvernement pour les éleveurs, 1,40 euros le kilo. Ce prix est selon eux déconnecté de la réalité économique du marché européen. Les syndicats agricoles demandent aussi l'intervention de l'État de façon à pouvoir continuer "à abattre des cochons en plus grand nombre et à les stocker avant de pouvoir les vendre", afin de désengorger les porcheries où les animaux s'entassent en raison de la suspension des ventes au MPB, a ajouté M. Ferey. Par ailleurs, en raison de l'embargo russe sur les produits français, "on demande des moyens financiers supplémentaires pour faire de l'export", a poursuivi M. Ferey. "Ce n'est pas à l'agriculteur et aux producteurs de payer le prix des décisions politiques". Réunis lundi à Rennes, l'ensemble des syndicats agricoles - FRSEA, FDSEA, Jeunes agriculteurs - ont en outre à nouveau dressé un bilan alarmiste de l'ensemble des filières d'élevage: porcines, bovines, production laitière.  

Eventuelle sortie de tracteurs

 

Les syndicalistes n'ont annoncé lundi aucune action des agriculteurs, soulignant toutefois, à l'instar de Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes d'Armor, "que tous les éléments sont réunis pour que le peuple agricole se soulève". Reste qu'"on attend un résultat concret de la table ronde", a dit M. Ferey. "S'il n'y a pas de résultat concret ce soir, il y a de fortes chances que des tracteurs sortent". Les agriculteurs demandent que pour lutter contre les distorsions de concurrence avec les producteurs étrangers, notamment allemands et espagnols, seule "la réglementation européenne s'impose en France". Ce qui équivaudrait "à 30% de réglementation en général en moins pour les exploitants français", qui se plaignent des contraintes notamment environnementales françaises, selon M. Ferey. Les syndicalistes exigent aussi le respect des accords sur la valorisation des prix dans toutes les filières par les industriels. Ceux-ci vont être mis "sous surveillance" et la "sanction" envers ceux qui ne joueront pas le jeu sera "d'enlever les linéaires les produits" de leurs marques, ont-ils prévenu. Ils demandent au gouvernement un plan pour le "désendettement" des exploitations et pour leur "redonner de la trésorerie" et exigent que les collectivités locales "jouent le jeu de l'achat local".

Source Avec AFP

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