Porc : Priorité à la gestion de trésorerie

Benoît RONCIN

Depuis septembre dernier, les éleveurs de porcs sont confrontés à une nouvelle crise du coût de production, avec une flambée des prix de l'aliment qui risque de perdurer jusqu'à l'été prochain au moins. Dans ce contexte, la gestion de trésorerie devient une priorité absolue.

En production porcine, l'augmentation des prix de l'aliment rend la situation encore plus problématique, après un cycle qui comprend deux années de résultats négatifs (2007, 2008), et deux années tout juste équilibrées (2009, 2010.) L'écart entre le prix de vente et le prix d'équilibre «instantané» génère actuellement d'importantes dérives de trésorerie.

Raisonner financier

Même si la rentabilité économique ne doit bien sûr pas être mise de côté dans l'analyse du résultat de gestion, le besoin actuel de conseil porte sur la gestion de la trésorerie. En termes comptables, l'analyse du coût de production et du coût de revient reste importante. Mais, c'est aujourd'hui le point d'équilibre et la marge nette d'autofinancement qui deviennent les indicateurs prioritaires.
De plus, les crises successives ont conduit à reporter des échéances bancaires, à étaler des factures fournisseurs, à réaliser des prêts de trésorerie ou de consolidation, à différer des investissements… Au fil du temps, le montant de capital à rembourser à la banque et chez les fournisseurs devient supérieur aux charges comptables d'amortissements. Le point d'équilibre devient plus élevé que le coût de revient !
Le point d'équilibre, c'est le prix de vente (prix du kilo de carcasse) nécessaire pour couvrir les charges de l'année, le remboursement des annuités et les prélèvements privés.
Le raisonnement se fait au niveau du produit principal de l'exploitation, les sous-produits (cultures et DPU) étant déduits. Les variations de conjoncture céréales ont ainsi un effet important sur le point d'équilibre pour les exploitations présentant une surface cultivée significative. En comparant ce point d'équilibre à un prix de vente, on peut alors déterminer la Marge Nette d'Autofinancement (MNA) souvent appelée «dérive financière» quand elle est négative.

Faire les bons calculs

Prenons l'exemple d'un atelier naisseur-engraisseur de 190 Truies qui produit 2 136 kg de carcasse par truie avec un indice de consommation de 3,00. Il y a en plus 40 hectares de cultures de vente. L'exercice comptable va du 01/07/2010 au 30/06/2011. Sur cette période, la simulation retient un prix moyen de l'aliment de 235 € par tonne.

Anticiper pour résister

Il est important de ramener les calculs à l'année comptable. Ceci afin d'avoir une vue d'ensemble, et d'analyser ce que représente la Marge Nette d'Autofinancement par rapport à la situation de la trésorerie au début de l'exercice, la consommation mensuelle d'aliment, le niveau des annuités bancaires…
En cas de grandes difficultés de trésorerie, on pourra descendre au point d'équilibre «instantané». Une matrice de gain complète le calcul. Elle permet de simuler les conséquences d'une situation instantanée moins favorable.
Dans l'exemple, un prix d'aliment de 250 €/T et un cadran à 1,11 € permet d'évaluer le prix d'équilibre à 1,45 € et la MNA sur un mois à - 6.100 €.
Ces indicateurs permettent de cerner la capacité de résistance de l'exploitation, et l'accompagnement financier le plus judicieux. Avec ces outils de gestion, et sans perdre de vue l'analyse de la rentabilité économique par le calcul du coût de revient, votre comptable-conseil CER FRANCE est à même de vous apporter les éléments nécessaires pour une bonne prise de décisions dans la gestion de votre trésorerie, et globalement de votre exploitation. Comme toujours, l'anticipation et le dialogue avec les partenaires sont primordiaux.

Source CER FRANCE Côtes d'Armor

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