Prix du porc : Système U s'engage à compenser la différence si les cours baissent sous 1,40 euro

Prix du porc : Système U s'engage à compenser la différence si les cours baissent sous 1,40 euro
Serge Papin, PDG du groupe Système U

Le PDG du groupement de distributeurs indépendants Système U a pris mercredi l'engagement de compenser les différences de prix payés aux producteurs de porc, dans le cas où le cours au marché de Plérin passerait sous les 1,40 euro le kilo.

"Nous nous sommes engagés depuis le 17 juin à payer 1,40 euro (le kilo de viande de porc que nous achetons) jusqu'à ce que le cours au cadran de Plérin arrive à ce niveau, et depuis cette date nous payons 1,40 euro. On y est quasiment arrivé puisqu'aux dernières cotations le cours était je crois aux alentours de 1,39 euro. Si ce cours descend en dessous, nous payerons la différence", a déclaré Serge Papin mercredi sur RMC/BFM TV. "Aujourd'hui, la grande distribution unie s'engage à faire respecter ce prix minima", a-t-il ajouté. Concrètement, cette compensation aux producteurs passera par un système de cagnottage, Système U, comme la plupart des distributeurs français, n'achetant pas directement aux producteurs la viande qu'elle commercialise et n'intervenant donc pas sur le marché de Plérin.   

"On met de l'argent de côté"

"Nous, on passe par un intermédiaire, la Cooperl (qui s'est retirée de Plérin jugeant le prix de 1,40 euro trop élevé, ndlr). Si la Cooperl paye à la production moins cher, nous payerons la différence", a indiqué M. Papin. "On met de l'argent de côté" pour être à même de payer aux producteurs les écarts de prix si les cours à Plérin descendent en dessous des 1,40 euro, a ensuite expliqué le dirigeant. "On est actuellement en relation avec les différents acteurs de la filière et le ministère pour trouver une instance indépendante ad hoc" à qui cet argent sera confié et "s'assurer qu'il sera bien reversé aux producteurs", a ajouté M. Papin. La cotation a repris mardi au marché au cadran de Plérin (le Marché du porc breton, MPB) après avoir été suspendue depuis le 10 août après le retrait de la Cooperl et de Bigard, deux de ses principaux acheteurs. Au final, ce marché au cadran (où 15% des porcs français sont vendus) a clôturé sur une légère baisse par rapport à la dernière cotation du 6 août (1,404 euro/kg), avec un prix moyen (qui sert de référence nationale) à 1,389 euro/kg.

Source Avec AFP

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Commentaires 12

NUIT853

Eh oui les grandes surfaces savent se faire de la PUB sur notre dos! Facile quand il n'y a plus que 4 grands acheteurs face à
une multitude de coop et d'entreprises à leur fournir. La Dgccrf (organisme d'état, veillant, normalement à la concurrence au bénéfice des consommateurs) autorise les grandes surfaces a se grouper alors que les coops et les entreprises de transformation de nos produits qui sont beaucoup trop nombreuses ne le peuvent pas. La Dgccrf n'assume plus son rôle. D'autre part les loi Galand et Raffarin ont contribué au regroupement des GMS, leur donnant ainsi le pouvoir de l'argent: il n'y a plus de concurrence, juste un partage du territoire et une guerre entre eux. Mais cela ne les empêche pas de faire des bénéfices de 15000 à 25000 euros par mêtre carrés x par mille vous voyez bien que c'est 15 000 000 euros à 25 000 000 euros de bénéfice net par an et grande surface de cette dimension. Pas étonnant que leur bâtiments et installations sont payées en 2 à 3 ans. Avec tout cet argent ils dominent tout le monde au détriment des CONSOMMATEURS et des AGRICULTEURS. 67 % de leur bénéfice est dégagé par les produits alimentaires. Si on veut que le consommateur puisse acheter sa nourriture à un prix honnête il suffirait d'abolir les lois Galland et Raffarin. D'obliger les politiques à annuler toutes les charges dont nous sommes affublés par l'administration. Les politiques ne sont pas courageux assez pour se remettre en question!!! Il faut savoir que l'investissement pour produire appartient à l'agriculteur, mais la marge s'en va au distributeur. Pour mieux comprendre la relation qui existe entre le producteur, le transformateur, et le distributeur écouter la conférence de Mr Olivier Mevel enseignant chercheur à l'université de Brest. C'est édifiant.!

@niala53

Le contribuable, c'est justement le sujet auquel le marché délègue les externalités qui ne l’intéresse pas.
Dans les années 80, la Colombie faisait du café, puis le cour s'écroule et que font les Colombiens, puisque l'offre de mort était supérieur à leurs demandent de vie, ils cultivent de la drogue (qui était déjà présente mais représentait peu de surface).
Le marché est borgne (ou aveugle à ce qui dépasse sa logique réductrice), les marchands n'ont jamais imaginés les conséquences, l'offre et la demande voilà aux gens de s'adapter (et parfois ils s'adaptent).
Une autre logique aveugle du marché, les bergers en Provence, certains ont dit quand nous seront plus là, les incendies seront plus nombreux, car les moutons nettoient.
Et en effet il faut des avions des hélicoptères des pompier à risquer leurs vies, mais que voulez vous c'est le marché, la facture est aux contribuables.

doucefrance

@59: Je sais bien que ce mouvement de protestation n'est pas pour le plaisir, je dis juste qu'autant il est légitime de hausser le ton quand on entend dire que les premières négociations n'engageaient les industriels à rien, autant là on peut saluer l'action de système u.
Il faudrait aussi penser à se remettre en question nous autres agriculteurs (ben oui je regroupe éleveurs, céréaliers, viticulteurs, arboriculteurs et toutes les spécialités). Nous avons parfois voulu jouer la stratégie, la simplicité, en confiant tout le fruit de notre production à des instances fabuleuses qui devaient s’occuper du travail de vente à notre place pour nous laisser tout le temps de produire tant et plus..... on voit maintenant le résultat; après avoir été incité à produire toujours plus, toujours plus vite ils n'ont que l'embarras du choix en matière d'offre dans nos frontières comme ailleurs et les producteurs n'ont plus qu'à suivre.
Tels sont pris qui croyaient prendre et ce n'est selon moi pas l'agrandissement qui suffira à sauver les fermes de la banqueroute. C'est peut etre bancale comme façon de faire mais je pense que c'est comme avec le taux d'endettement pour les crédits, les intermédiaires pour vendre ces produits: OK pourquoi pas, ça assure le débouché pour un certain volume mais pas plus de 33% grand grand maxi de sa production sinon on en viens à ne plus être maître de son outil et on fini pris à la gorge avec un acheteur qui décide de notre prix de vente au lieu d'essayer de trouver le meilleur compromis entre son prix d'achat et notre prix de vente.
Mais ça il faut l'envisager dès le départ, ça complique la vie au début contrairement au système ou l'on confie tout à un tiers mais on fait un peu mieux face à des situations comme celle que l'on vit actuellement.

Quand au problème de consommer local c'est sûr, ça parait même évident mais quand vous êtes un étudiant qui se fait saigner par un loyer et qui n'a qu'un bout d'été pour faire provisions d'euros sur son compte vous regardez davantage le prix au kilo que le pays d'origine; quand vous êtes un parent divorcé qui a son ou ses enfants à nourrir et vêtir en plus de son loyer à payer avec son seul petit SMIC vous cherchez plus à remplir le caddie pour pas trop cher qu'à retrouver la cote de porc de l'agriculteur voisin dans votre assiette. Eh oui toujours facile aussi de parler du type qui fait ces 35h avec un revenu confortable et ne cherche qu'a dégager temps et revenu pour les loisirs quand on fait 60h par semaine pour le nourrir sans se sortir de salaire mais ça ne reflète pas l'ensemble de la population. Le gros gros pépin c'est que tant qu'il y aura une telle différence de prix entre les matières premières les industriels d'abord et les consommateurs ensuite iront forcément vers le produit qu'ils estiment le plus intéressant et donc le moins cher puisque l'argent est pour eux comme pour nous le nerf de la guerre.

On peut continuer à déverser de la m.... devant toutes les vitrines que l'on veut, se saigner nous même pendant qu'on est dans les rues et que le travail ne se fait pas, commettre l'irréparable dans autant de ferme que l'on veut; tant que nos politiciens n’œuvreront pas pour une harmonisation des contraintes on brasse de l'air en vain. Occupons nous d’écouler nos productions nous même; les volumes seront moindre mais leur prix nous fera vivre. Entre vivre avec 25 bêtes, survivre avec 50 ou boire le bouillon avec 75 je sais à peu près ce que je préfère....

niala53

Le principal dans l'histoire c'est qu'on se rapproche au plus vite des 1,40 euros mérités pour les éleveurs. De toute façon ce sera le consommateur qui paiera et le contribuable qui supportera la facture des dégâts commis pendant les manifestations

5340gege

A lire l'article (je suis novice dans le sujet) je comprends qu'un marché (Plérin)qui représente 15%du marché total décide pour 100% du marché français. Et que simplement 2 (gros?) acheteurs décident à eux seuls de foutre le marché en l'air alors qu'à l'arrivée de toutes façons c'est le client qui décide ce qu'il veut bien payer pour ci où çà.N'y a t'il pas un petit problème de centralisation, d'abus, d'entente, etc...., d'escrocerie ?

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