Production porcine : 2014, la déception

Anne Yvonne HENOT

Production porcine : 2014, la déception

Avec une détente sur le prix de l’aliment, une production française et européenne en baisse, 2 014 aurait pu être enfin la bonne année que l’on attend en production porcine depuis 5 ans. C’était sans compter sur l’embargo russe, pour raison sanitaire, qui a plombé le marché européen dès la fin janvier. Avant l’été, il y avait encore un espoir que le dossier puisse se régler politiquement, mais l’embargo politique du 7 août est venu anéantir tout espoir de reprise des cours pour la fin de l’année.

Un embargo russe en place depuis le début de l’année

Le 29 janvier 2014, la Russie décrète un embargo sanitaire, suite à la découverte de 2 cas de peste porcine africaine sur des sangliers en Lituanie. L’embargo pénalise l’ensemble des pays de l’UE puisque l’UE bénéficie d’un certificat unique d’exportation sur la Russie. Le marché russe compte pour 25 % des exportations de l’UE en 2013 ce qui représente 4 % de la production de l’UE.

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Ces volumes pèsent dès le début de l’année sur le marché et nécessitent la recherche de débouché hors de l’Union. L’Espagne est le seul pays de l’Union à tirer son épingle du jeu.

Des débats politiques s’engagent alors sur la possibilité d’obtenir des accords bilatéraux d’exportation pour les États membres indemnes de PPA. Mais le dossier n’avance pas au niveau de l’UE alors que la Russie se dit prête à acheter de la viande de porc en provenance d’Italie, du Danemark et de France. L’UE parle tout de même d’une possible régionalisation mais le blocage reste total.

Là-dessus arrive le conflit politique qui anéantit définitivement l’espoir des producteurs de porcs sur la réouverture des frontières russes.

Tous les pays européens en souffrent sauf l’Espagne

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La baisse de production entamée en 2013 se poursuit en 2014 : -1.8 % en cheptel truies, -0.3 % en production. Tous les pays baissent en abattage de l’ordre de 1.5 %, sauf l’Espagne qui continue de progresser. L’Espagne aurait des outils industriels performants dans lesquels il y a eu des investissements récents. Ils ont obtenu des agréments pour exporter au Japon, aux États-Unis.

Aux États-Unis la baisse de production est de plus de 5 % du fait de la diarrhée hémorragique.

Production porcine : 2014, la déception

Vers une fin d’année difficile pour les marchés, mais avec une embellie sur le prix de l’aliment

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La fin de l’année, période traditionnelle de baisse s’annonce morose, car c’est une période où traditionnellement les pays de l’est sont aux achats. Quelques signes positifs sont néanmoins à noter dans ce contexte morose. La parité euro/dollar s’annonce plus favorable aux exportations européennes : 1, 23 $ contre 1,38 $ au printemps. La hiérarchie des prix mondiaux du kilo de porc est bousculée. Nous observons une flambée des prix sur le marché américain pour raisons sanitaires, et au Brésil qui est le seul à pouvoir répondre au marché russe. La consommation française en viande porcine progresse de près de 2 %, alors que les autres viandes, même la volaille voient leur consommation diminuer. Et surtout la baisse du prix des céréales et du soja pourrait, si la répercussion sur le prix de l’aliment est assez rapide et suffisante, soulager les trésoreries des producteurs.

 

Source : CERFRANCE - Lettre Veille Économique Agricole - décembre 2014 - N°40

 

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