Production porcine : La recherche donne les clés pour l'avenir

Dominique Poilvet

Dans tous les domaines abordés aux Journées de la Recherche Porcine, les intervenants ont donné une idée précise des choix qui devront être faits dans les prochaines années par la filière.

Les 43es Journées de la Recherche Porcine, qui se sont déroulées à Paris les 15 et 16 février dernier, démontrent une fois de plus que la recherche contribue de manière décisive à la compétitivité de la filière. C'est particulièrement vrai cette année, avec de nombreuses interventions qui indiquent la voie à suivre ces prochaines années, dans tous les domaines qui touchent à la production.
En génétique, tout le monde est désormais convaincu que la sélection génomique sera bientôt utilisée en complément de la sélection classique quantitative. L'Inra est aujourd'hui capable de donner le mode d'emploi pour le porc de cette méthode déjà employée en routine en production laitière pour choisir les meilleurs taureaux. Pour les chercheurs, les gains économiques seront au rendez-vous. Les organismes de sélection génétique devront cependant trouver les moyens financiers pour mener à bien ces programmes. Cela passe par la mise en place de synergies entre structures pour ne pas être à la traîne des organismes de sélection nord-européens, dont certains ont déjà mis en place des programmes de sélection génomique.

L'Inra est aujourd'hui capable de donner le mode d'emploi de la sélection génomique. Selon les chercheurs, les gains économiques seront au rendez-vous. (D. Poilvet)

L'Inra est aujourd'hui capable de donner le mode d'emploi de la sélection génomique. Selon les chercheurs, les gains économiques seront au rendez-vous. (D. Poilvet)

En alimentation, les derniers progrès de la recherche permettent non seulement de diminuer le coût alimentaire, mais aussi de restreindre encore plus les rejets polluants. Le concept de « protéine idéale » devient une réalité applicable en routine. Il permet aujourd'hui d'alimenter les animaux avec des taux protéiques très bas sans pénaliser les performances. L'inflation du prix des matières premières pousse aussi à diversifier les ressources. La recherche précise le mode d'emploi de matières premières alternatives comme le sorgho, les drèches ou encore les tourteaux de colza qui limitent la dépendance de l'industrie de l'alimentation animale aux céréales et au tourteau de soja.
Le modèle de production de demain fait également débat. Les pays de l'Europe du Nord ont déjà fait leurs choix : diminution rapide du nombre d'exploitations, dont la taille augmente très rapidement, productivité accrue du travail, spécialisation par pays (naissage aux Pays-Bas et au Danemark, engraissement en Allemagne). En France, les grandes tendances sont connues : augmentation de la taille moyenne des ateliers, spécialisation (maternités collectives), ou encore accroissement de l'autonomie par un plus fort lien au sol. Mais il ne faut cependant pas oublier que les « petits » élevages de moins de 150 truies représentent encore plus de la moitié du total des exploitations porcines, et produisent le tiers des porcs charcutiers. Les chambres d'agriculture de Bretagne soulignent que la filière n'a aucun intérêt à ignorer ce profil d'élevage, sous peine de voir disparaître un pan entier de son potentiel de production.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs d'avril 2011. (R . Porcs n°181, p. 16 à 28).

Source Réussir Porcs Avril 2011

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