Prophylaxies porcines :santé animale, faune sauvage et santé publique

Christian PETIT & Dr Didier GUERIN

Prophylaxies porcines :santé animale, faune sauvage et santé publique

Sanitaire collectif porcins => Au delà de la santé animale (élevages porcins), le suivi sanitaire collectif en espèce porcine est impacté par la faune sauvage et la santé publique.

Le dispositif national de surveillance des virus influenza porcins

La réunion de lancement de ce dispositif de surveillance dans la région Limousin a eu lieu le 11 avril 2013. Le GRASL, animateur régional, tient à jour la liste des vétérinaires et leur transmet les informations et outils nécessaires. Actuellement 4 cabinets vétérinaires se sont portés volontaires. Chaque vétérinaire motive 3 ou 4 éleveurs susceptibles de l’alerter dès qu’il constate des signes d’appel. Ce pool permettra de constituer un réseau sentinelle.

La surveillance des virus influenza chezles porcins a pour objectif de suivre des souches influenza circulantdans la population des porcs domestiques : virus influenza porcins européens,variants du virus influenza pandémique A/H1N1 (2009), nouveaux virus influenzaréassortants…

Unobjectif de santé animale et de santé publique

Cette surveillance s'inscrit dans un cadreplus général de suivi des souches influenza chez l'Homme et chez lesdifférentes espèces animales, dans un objectif de mieux comprendre l'épidémiologiede ces virus, et de prévention éventuelle du risque, tant au regard de la santéanimale que de la santé publique. Les virus grippaux circulent aujourd’hui demanière intense en élevage porcin. Les phénomènes de cocirculation dedifférents sous-types sont susceptibles de conduire à l’émergence de nouveauxréassortants pouvant constituer un risque en santé animale et en santépublique.

Unisolement viral issu de la surveillance clinique, basée sur le volontariat avecune anonymisation des données

Comme la clinique est peu évocatrice, seulun isolement viral peut mettre en évidence un virus influenza avec un typage. Lasurveillance est basée sur le volontariat. Elle est réalisée dans le cadre devisites vétérinaires et intègre le diagnostic différentiel en élevage porcinavec une anonymisation des données au niveau du vétérinaire et de l'animateurrégional. Les coordonnées de l'éleveur seront toutefois fournies à la DRAAF(SRAL) et à la DGAL en cas de découverte d'une nouvelle souche virale requérantla mise en place de mesures de gestion à des fins de protection de la santépublique.

Uneanimation régionale par le GRASL avec une participation financière du SRAL

La surveillance des virus influenzaprésente un intérêt pour l'État, pour les professionnels et pour l’Anses (LNR).Dans ce cadre, l’animation du dispositif est réalisée au niveau régional parles structures professionnelles de l'élevage qui tiendront informés le SRAL etle LNR des résultats de la surveillance. Pour le Limousin, c’est le GRASL, dansle cadre de son rôle d’OVS (organisme à vocation sanitaire) qui est en chargede cette animation. Le SRAL, par ailleurs, participe financièrement audispositif, en prenant en charge les frais d’analyse en laboratoire agréé, pourles prélèvements réalisés dans sa région, les frais relatifs à la préparationdes kits et ceux relatifs à l'expédition des prélèvements positifs dulaboratoire agréé vers le LNR.

Les prophylaxies en espèce porcine sont essentiellement centrées sur le SDRP (Syndrome dysgénésique respiratoire porcin) et la maladie d’Aujeszky. Mais, la faune sauvage avec le risque brucellose porcine transmise par les sangliers et le suivi pour la santé publique avec l’éventuelle recombinaison des virus influenza (cf. encadré) interviennent également dans la gestion sanitaire collective.

Un statut indemne en matière d’Aujeszky, d’où un allègement des contrôles

L’ensemble de la France continentale est reconnue indemne de maladie d’Aujeszky chez les porcs domestiques. Dans ce cadre, le dépistage Aujeszky reste maintenu dans les élevages plein-air, de sangliers et chez les sélectionneurs multiplicateurs alors qu’il a été supprimé dans les autres élevages hors-sol.

Le dépistage Aujesky reste maintenu dans les élevages plein-air, de sangliers et chez les sélectionneurs multiplicateurs alors qu’il a été supprimé dans les autres élevages hors-sol. Pour des raisons autant sanitaires que commerciales, le dépistage SDRP se poursuit dans tous les élevages naisseurs ou naisseurs engraisseurs.

Face au risque, un dépistage systématique SDRP avec une réalisation en mai…

Le SDRP est une maladie virale contagieuse surtout par contact direct entre animaux mais également possible par voie aérienne et par la semence. Ce virus exerce un effet immunodépresseur, favorisant l’action d’autres germes pathogènes. Il induit des troubles de la reproduction et l’apparition d’un syndrome grippal notamment en porcherie d’engraissement. Les performances de l’élevage sont altérées sur plusieurs mois. En Creuse, le dépistage est obligatoire sur les reproducteurs dans les élevages naisseurs et naisseurs-engraisseurs.Pour des raisons de praticité et de limitation des coûts d’analyses, les contrôles se réalisent au cours du mois de mai.

… avec une garantie de cheptel SDRP à utiliser avec vigilance et constance

En Auvergne, des élevages porcins engraisseurs ont été confrontés à une contamination SDRP. L’enquête a montré que les porcs étaient issus d’une même station de post-sevrage collectif. Face à une pathologie pouvant avoir un fort impact économique, une vigilance accrue à l’introduction est fondamentale et doit se baser sur la connaissance du statut du cheptel d’origine. Toutes les zones pouvant fournir des porcelets ne possèdent pas un statut favorable par rapport au SDRP d’où l’importance de n’introduire que des porcelets provenant d’élevages sous apport de garantie. Il a été demandé aux opérateurs commerciaux comme il est recommandé aux éleveurs d’être particulièrement vigilants sur les apports de garantie en matière de SDRP. En Creuse, tous les élevages contrôlés s’avèrent négatifs et bénéficient des attestations d’apport de garantie SDRP, permettant ainsi à nos éleveurs l’accès à toutes les filières commerciales.

Un maintien de la vigilance vis à vis des sangliers et la brucellose porcine

La seule menace identifiée, en Creuse, en matière de contamination par la faune sauvage, a été celle des sangliers avec la brucellose porcine pour les élevages plein-air de truies, d’où la mise en place de mesures spécifiques de protection. Dans le cadre du suivi triennal, des sérologies brucellose ont été effectuées cette campagne. Même si la base échantillonnée est faible (41échantillons analysés), il en ressort un faible taux de positifs de 7%. La prévalence relevée était de 47% en 2001/2002, 22% en 2006/2007, 23% en2009/2010. Cette forte diminution apparente de la circulation de la brucellose porcine chez les sangliers demande à être confirmée ou infirmée dans les années à venir.

Une « sanitaire’ attitude » de tous pour un intérêt individuel et collectif

En Creuse, le maintien de cette situation très favorable passe par un engagement de chacun en matière de maîtrise des risques sanitaires avec pour objectif un bénéfice sanitaire individuel et collectif le meilleur possible, nous permettant de maintenir notre production porcine à un rang satisfaisant dans un contexte difficile. Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter.

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