Résorption des excédents : Electroland automatise le compostage de lisier sur paille

Dominique Poilvet

Le mélange de lisier et de paille en couche mince permet de résorber 50 % de l'azote et de produire un compost de qualité. Yvan Cadiou, directeur d'Electroland(1), commercialise un matériel qui automatise entièrement le procédé.

En complément des stations biologiques destinées à de gros excédents, le compostage du lisier en mélange avec de la paille constitue une alternative intéressante pour les petits volumes à traiter. La société Electroland basée à Landerneau (Finistère) propose un procédé validé par l'administration, qui automatise complètement les processus nécessaires au compostage : décompactage des bottes de paille, épandage et mélange du lisier sur la paille, et aération du mélange en cours de compostage. « Le matériel a été mis au point à la station expérimentale de Guernevez, où Jean Callarec avait démontré que ce procédé donnait des résultats intéressants s'il était bien maîtrisé », témoigne Yvan Cadiou, directeur d'Electroland. L'abattement d'azote est de 50 %. Il n'y a pas de résorption de phosphore. Mais le compostage permet surtout de produire un amendement organique exportable. Un argument qui reprend de la valeur depuis que les cultivateurs se tournent vers les engrais d'origine animale en substitution aux engrais minéraux devenus hors de prix. Depuis la phase de mise au point terminée, l'entrepreneur finistérien a installé cinq machines en France. Celle réalisée chez Mickaël Delalande à Mohon (Morbihan) fonctionne depuis la fin 2007. Le hangar de 1200 m2 permet de traiter 2 700 m3 de lisier par an, en mélange avec 180 tonnes de paille. Il est ouvert aux deux extrémités, et les côtés sont à claire-voie. Le sol est en terre battue, compactée et cylindrée.

« Une dalle en béton n'est pas nécessaire et abaisse le rendement du compostage de 20 % », souligne Yvan Cadiou. Au début de chaque cycle, l'éleveur répartit les bottes de paille sur l'aire pour obtenir un chargement de 25 kg/m2. Le lisier, brassé au préalable dans une fosse d'homogénéisation, est ensuite épandu sur la paille par un chariot monté sur une poutre en acier qui court sur la largeur du bâtiment. Cette poutre se déplace elle même au moyen de petites roues sur deux murs latéraux de 1 mètre de hauteur. « La clé du procédé est de répartir le lisier de manière homogène sur toute la surface », indique le concepteur de l'appareil. Dans ces conditions, il n'y a pas d'écoulements. Grâce à un débitmètre installé en sortie de fosse, les quantités apportées sont strictement contrôlées : 250 litres/m2 en 13 passages durant le premier cycle qui court sur les 3 premiers jours, 75 l/m2 en 5 passages lors du second cycle 15 jours plus tard, et encore 50 litres/m2 en 3 passages au cours du 3e cycle un mois après. Un passage permettant de couvrir l'intégralité de la surface du hangar dure quatre heures. Dans le même temps, un brasseur pivotant horizontal, constitué de deux lames en acier et fixé au chariot, mélange le lisier à la paille. « L'idéal est d'utiliser du lisier d'engraissement, plus riche en matière organique que le lisier de truies », conseille Yvan Cadiou.

Chez Mickaël Delalande, le hangar de compostage de 1200 m2 permet de traiter 2700 m3 de lisier par an, en mélange avec 180 tonnes de paille. (D. Poilvet)

Chez Mickaël Delalande, le hangar de compostage de 1200 m2 permet de traiter 2700 m3 de lisier par an, en mélange avec 180 tonnes de paille. (D. Poilvet)

 

De la paille de blé de préférence, coupée à 15 cm

Le choix du type de paille est également essentiel : de la paille de blé de préférence, coupée à 15 cm de long et pas écrasée ou détériorée par la pluie. « Des pailles plus ligneuses, comme l'orge ou le seigle se dégradent mal. » De même, le concepteur souligne que son matériel n'est pas adapté au compostage du lisier avec des déchets verts. Une fois le mélange réalisé, la couche de compost fait une quarantaine de centimètres. En cours de processus, l'éleveur peut à tout moment faire fonctionner le brasseur pour oxygéner la couche et accélérer le compostage. À la fin des deux mois, le compost est soit utilisé sur les terres de l'éleveur, soit stocké et maturé sur une plate forme, en vue d'être exporté. La machine installée chez Mickaël Delalande a coûté 113 000 euros (hors hangar). Selon l'éleveur, le coût de revient du compost produit est de 70 euros/tonne.

(1) Electroland - ZI de Bel Air, BP 126, 29 411 Landerneau cedex, Tél. 02 98 85 03 38

Source Réussir Porcs Janvier 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires