Santé des élevages : Quarantaine longue, une stratégie gagnante

Claudine Gérard

Allonger la quarantaine à 8, 9, 10 semaines, voire plus, peut s'avérer positif au niveau des performances de reproduction, du sanitaire, avec, au final, un intérêt économique.

Allonger la durée de quarantaine contribue à entrer dans le troupeau de truies des
cochettes plus matures, plus aptes à entamer une carrière de qualité. C'est ce qui ressort
de l'expérience d'éleveurs qui ont modifié leur conduite et prolongé la durée de quarantaine
entre 8 et 11 semaines après l'arrivée des cochettes. Ils témoignent que, contrairement à
ce qu'on pourrait penser, cette méthode a un impact économique positif. D'abord parce
qu'ils constatent que la prolificité est améliorée dès la 1re portée, et que le syndrome 2e
portée disparaît. Les cochettes s'avèrent plus aptes à assurer une production laitière de
qualité et sortent moins fatiguées de leur première lactation. Ensuite parce que la longévité
des truies est accrue : augmenter l'âge à la première mise bas diminue le taux de réformes.
Au final, la carrière de la truie se solde par des porcelets produits en plus qui compensent le
temps de quarantaine souvent jugé improductif.





La configuration des bâtiments doit permettre de conduire la quarantaine longue en tout plein tout vide et respecter les règles de biosécurité connues. (C. Gérard)

La configuration des bâtiments doit permettre de conduire la quarantaine longue en tout plein tout vide et respecter les règles de biosécurité connues. (C. Gérard)

Autre intérêt, le fait d'allonger la quarantaine contribue à maîtriser le sanitaire de l'élevage. En
effet, l'introduction de cochettes, le plus souvent de haut niveau sanitaire, dans un élevage
fatalement plus ou moins chargé de pathogènes, est une source constante de relances de
pathologies au sein du troupeau de truies. Allonger la quarantaine permet de confiner les
cochettes à part du troupeau pendant la période où, en raison de vaccinations ou de
contaminations raisonnées, elles sont le plus excrétrices de ces pathogènes. C'est aussi un
moyen de leur faire acquérir une meilleure immunité vis-à-vis des contaminants de l'élevage.

Pour ces raisons zootechniques et sanitaires, augmenter la durée de la quarantaine peut
s'avérer payant, à condition toutefois que l'élevage le parc bâtiment, la conduite en
quarantaine et l'introduction dans le troupeau permettent de respecter les principes mêmes
d'une quarantaine. Le but est bien de protéger le troupeau de truies de pathogènes qui
seraient excrétés par les cochettes, et protéger les cochettes des pathogènes des truies
du troupeau… Les règles de biosécurité s'imposent donc, quelle que soit la durée qui
s'écoulera entre l'arrivée des cochettes et leur entrée en verraterie. C'est pourquoi la
configuration de la quarantaine doit permettre une conduite en tout plein tout vide, le lavage,
la désinfection et un vide sanitaire, ceci supposant généralement une quarantaine en deux
temps. Par ailleurs, la technique ne dispense en aucun cas l'éleveur de respecter des
règles de base, entre autres une marche en avant, une tenue spécifique pour la
quarantaine, et un programme de contamination et de vaccination raisonné qui s'inscrit
dans le cadre plus général de la gestion du troupeau.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de septembre 2008 . (RP n°152, p. 58 à 68)

Source Réussir Porcs Septembre 2008

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