Un nouveau président de la section porc de l'UGPVB : Il va falloir simplifier nos organisations, » affirme Michel Bloc'h

Propos recueillis par Claudine Gérard

Michel Bloc'h est depuis le 15 janvier 2009 le nouveau président de la section porc de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne.

Quels vont-être vos projets ?

Je vais continuer à faire en sorte que l'UGPVB poursuive ses actions dans tous les domaines, et en particulier sur les sujets prioritaires que sont l'environnement et le sanitaire, avec autant de succès. Mais je veux qu'aujourd'hui, les éleveurs aient conscience du travail de cette organisation qui est la leur. Nous devrons davantage redescendre l'information auprès des groupements qui, à leur tour, devront s'en faire l'écho auprès des éleveurs.

Allez-vous défendre l'idée d'une Union élargie aux régions voisines ?

Il va falloir effectivement associer les régions et simplifier nos organisations.
Comme tout le secteur, nous devons évoluer, en particulier avec les pays de la Loire, pour créer une organisation « du Grand Ouest ». J'aimerais que le syndicalisme nous accompagne dans cette démarche.
Par ailleurs, nous devons simplifier nos organisations : UGPVB, CRP, Arip… autant de structures qui se chevauchent et qui font que le tout manque de lisibilité et d'efficacité. Je souhaite qu'il y ait le plus vite possible une seule organisation qui représente la production porcine du Grand Ouest. En associant l'UGPVB et le CRP, nous aurions toutes les familles réunies dans une même organisation. C'est mon souhait.
Un autre projet que j'entends mener qui est certes ambitieux et difficile, mais nécessaire, concerne la fixation du prix du porc.

Michel Bloc'h est éleveur à Guiclan (Finistère), président du groupement porc de Coopagri Bretagne et administrateur de Coopagri Bretagne. (C. Gérard)

Michel Bloc'h est éleveur à Guiclan (Finistère), président du groupement porc de Coopagri Bretagne et administrateur de Coopagri Bretagne. (C. Gérard)

 

Que pouvez-vous faire dans ce domaine ?

Aujourd'hui, quatre opérateurs représentent 85 % des achats. Ce simple fait doit suffire à nous amener à nous poser les bonnes questions au-delà de nos clivages, filières ou pas filières. Face à l'ampleur de la crise que traversent tous les éleveurs, notamment en raison des charges qui pèsent sur les coûts de production, les producteurs doivent aujourd'hui se mettre en ligne pour faire face aux acheteurs, et participer activement à l'élaboration du prix de retrait. Car celui-ci est déterminé en fonction des porcs achetés au MPB, et pas en fonction des porcs abattus. Le MPB repose sur 20 % des porcs abattus. Je pense que les 400 000 porcs abattus doivent participer à l'élaboration du prix de retrait. Par ailleurs, il nous faudra réfléchir au nombre et au jour de cotations.

Concrètement, quel pouvoir avez-vous pour faire bouger ces choses ?

Concernant le nombre de cotations, je n'ai pas la réponse, mais je veux qu'il y ait une réflexion sur ce sujet. Quant au prix de retrait, nous devons tout d'abord nous mettre d'accord entre nous, paysans. Après, il faudra susciter un vrai débat entre les élus porcins des différentes structures, UGPVB, groupements, MPB… Il est temps que ça bouge car on parle tous aujourd'hui de crise économique mais nous, producteurs, on ne délocalisera pas !
D'autre part, je compte bien oeuvrer pour que le conflit envers Inaporc cesse. Les gens doivent revenir à la raison. Certes, nous, producteurs du Grand Ouest, veillons à garder notre autonomie et être considérés à hauteur de ce que nous représentons. Mais nous avons tous aussi besoin d'un relais parisien et donc d'Inaporc. Il est impossible d'accepter une situation où 30 % des porcs ne cotisent pas à l'interprofession. Il faut que les gens se reparlent et reviennent à la raison. Cela fait partie de mon projet.

Il va vous falloir beaucoup de diplomatie et de conviction pour mener à bien ces changements !

Sans doute, mais je pense qu'on peut aboutir sur ces différents dossiers, et assez rapidement. Rendez-vous dans un an !

Source Réussir Porcs Février 2009

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