Abattage en Champagne-Ardenne : Copam-Moulins Henry cherche des candidats en poulets

Pascal Le Douarin

Avec le récent investissement de l'abattoir de Caurel dans l'automatisation de la découpe, de forts besoins en poulets classiques se font ressentir.

Selon les prévisions de Gastronome, dès 2008 il faudrait fournir 75 000 poulets classiques supplémentaires. Cela correspond à une vingtaine de poulaillers de 1000 à 1500 m2 qu'il convient de construire ou bien trouver dans un rayon de 100 km autour de Reims. Le fabricant d'aliments Copam de Chalons-en-Champagne et le groupement de production Moulins Henry qui lui est rattaché, sont les plus concernés. À deux titres. D'une part, Copam est actionnaire de l'abattoir à 45 % et fournit 80 % du vif (140 000 par semaine) avec une centaine d'éleveurs (90 000 m2). D'autre part, c'est une filiale des coopératives régionales (Champagne-Céréales, EMC2, Nouricia…) qui tiennent à valoriser dans l'élevage hors-sol les céréales (et leurs coproduits) de leurs adhérents. C'est pourquoi, depuis quelques mois Copam-Moulins Henry mobilise les coopératives actionnaires.

(P. Le Douarin)

(P. Le Douarin)

Il y a urgence

La tache est ardue. Selon Jean-Claude Brisson, président de Copam et éleveur de volailles, « la crise de la grippe aviaire de 2006 et la flambée des cours des céréales mi-2007 ont freiné les ardeurs des candidats. Certains projets ont été arrêtés. »
Pourtant, plaide l'agriculteur « il existe une réelle complémentarité entre les productions animales et végétales, les premières absorbant les secondes (céréales, drêches issues des usines de biocarburants). Le meilleur moyen de maîtriser la volatilité des cours et de rentabiliser les usines de carburants serait d'investir dans des schémas de valorisation. » Dans l'Est de la France, les mouvements récents de rapprochement entre coopératives céréalières et filières d'élevage bovin confirment cette analyse (1).

Les autres arguments développés sont la garantie des débouchés, le revenu stable et correct, les aides à l'investissement, l'accompagnement technique, la formation… Nathalie Trooster, responsable de Moulins Henry annonce une marge nette annuelle (avant MSA et impôts) de 13 €/m2 en poulet classique (17 000 euros pour 1000 heures de travail pour 1300 m2 et pour un investissement de 210 000 euros remboursable sur douze années). « Une réelle opportunité se présente donc pour les agriculteurs de Champagne-Ardenne et Picardie. C'est maintenant qu'il faut la saisir », résume Nathalie Trooster. Faute de poulets locaux en nombre suffisant, Gastronome pourrait être tenté de jouer d'autres cartes d'approvisionnement situées plus au Nord.

(1) EMC2 et Alotis en Meuse, Champagne Céréales et Capeval en Champagne-Ardenne, CAH et Copvial en Alsace…

Source Réussir Aviculture Mars 2008

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