Acides organiques et huiles essentielles font un bon ménage

Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Novembre 2012

Acides organiques et huiles  essentielles font un bon ménage
L’étude Tecaliman va permettre à chaque fabricant de se lancer dans la recherche du meilleur couple température-acidifiant. © P. Le Douarin

Pour décontaminer bactériologiquement les aliments du bétail tout en économisant de l’énergie, l’association d’acides organiques et d’huiles essentielles semble être la bonne formule.

Selon Tecaliman, le centre technique et de recherche sur la fabrication des aliments du bétail, 30 % des coûts de thermisation d’un aliment sont dépensés dans les cinq derniers degrés du processus. Rechercher une alternative chimique à un chauffage poussé à son terme (au minimum 80 °C pendant 2 minutes) était une piste creusée depuis plusieurs années par Tecaliman. Une étude a porté sur les performances de décontamination de cinq produits à base d’acides organiques(1), testés à partir d’une dose préconisée par chaque fournisseur. Ces additifs ont été ajoutés à des aliments fortement contaminés en entérobactéries. Tecaliman a testé leur efficacité en croisant des pourcentages variables d’additifs (15, 50, 85 et 100 % de la dose) et cinq températures de thermisation (50, 54, 65, 76 et 80 °C).

Le ProPhorce PH de Perstop est bien toléré par les animaux

Avec un chauffage léger (65 °C) et des produits employés à demi-dose, seul un produit atteint les objectifs. Il s’agit du ProPhorce PH de Perstop, utilisé en demi-dose à 4,5 kilogrammes par tonne. « C’est une concentration bien tolérée par les animaux », souligne le fabricant. Cette meilleure efficacité est due à la synergie entre les acides organiques et les huiles essentielles. Outre l’économie potentielle d’énergie, il apporte une rémanence qui limite la recontamination. En effet, une contrainte majeure de la thermisation est de respecter ensuite une hygiène irréprochable pour éviter les recontaminations.
En servant de référence, l’étude Tecaliman ouvre la porte aux études de substitution que les firmes-services et les fabricants d’aliment ne vont pas manquer de lancer en grandeur réelle. « Il nous faut trouver une voie plus astucieuse que le traitement thermique prôné par l’Administration, au regard du coût énergétique », résume Lucien Roffidal, d’Inzo. La combinaison température-acidifiant peut trouver des applications avec l’aliment destiné aux volailles reproductrices ou aux poules pondeuses.

Des perspectives s’ouvrent pour les fabricants

Pour le moment, il est encore impossible de prédire l’intérêt économique de la réduction de température compensée par l’ajout d’acidifiant. Un traitement thermique coûterait aux environs de 6 à 6,50 euros par tonne d’aliment (amortissements compris) et incorporer un acidifiant 3,50 à 4 euros par tonne. L’intérêt économique du binôme additif-thermisation devra inclure le gain énergétique — est-il réellement de 30 % ? — ainsi que les impacts nutritionnels d’un moindre chauffage (gain de vitamines, préservation de l’amidon, baisse des consommations des poules reproductrices…). Chaque usine étant un cas à part, les applications vont se mettre en place pas à pas. Les utilisateurs, notamment les accouveurs, voudront sans doute avoir leur mot à dire.

(1) BASF, DSM, Kemin, Kemira et Perstop.

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