Animaux morts : L'ATM volaille de chair est prête

Hervé Dumuis

Dès le 19 juillet, la filière avicole devra assurer le financement de l'équarrissage. Créée en 2007, l'ATM volaille de chair est décidée à se faire entendre des équarrisseurs.

C'est la fin des aides d'État. Le financement de l'équarrissage va devoir être supporté à 100 % par la filière avicole, comme l'exigent les règles européennes.
Actuellement, le coût total pour la filière volailles de chair est de 12 millions d'euros. L'État apporte 30 %, les abattoirs 60 % et les éleveurs 10 %. L'ATM doit trouver près de 4 millions d'euros. Point positif pour les éleveurs, leurs cotisations n'augmenteront pas et le principe de mutualisation est maintenu. L'estimation du gisement de cadavres avoisine les 25 000 tonnes, très loin des 38 000 tonnes attribuées à la filière chair en 2008-2009.
Désormais, chaque éleveur adhérent est répertorié. Les mises en place sont déclarées par les éleveurs et les organisations professionnelles. Après réception des données contrôlées par l'office de l'élevage (FranceAgriMer désormais), l'ATM effectue un deuxième contrôle pour détecter les incohérences entre les enlèvements et les factures. Ceci a permis une première économie de 185 000 euros en 2007. Selon Gilles Le Pottier « le système est désormais 100 % fiable et nous permet d'être considéré par les professionnels, les équarisseurs et l'administration. »

Réduire les coûts

L'État a ainsi accepté de régler les 400 000 euros de factures dues par les éleveurs aux équarisseurs pour la période juillet-décembre 2006. Le représentant de la direction générale de l'alimentation, Olivier Ruck ajoute que « le taux de la taxe d'abattage pourrait être ramené à 0 % avec la possibilité de récupérer la TVA », ce qui représenterait 10,5 millions d'euros. Mais il prévient que « pour faire des économies substantielles, la filière devra s'associer avec les autres filières ». L'ATM entend négocier avec les équarisseurs. Connaissant la répartition des effectifs d'animaux et la localisation des sites d'équarrissage, elle estime le coût à 240 euros HT par tonne contre 316 euros actuellement. Selon Gilles Le Pottier « le gain potentiel est estimé à 3 millions d'euros », ce qui avoisine la subvention de l'État. Par ailleurs, plusieurs propositions ont été faites : les abattoirs et les organisations professionnelles (OP) s'engagent à contribuer pour la totalité de leur production. Si une OP approvisionne un abattoir non adhérent ou étranger, elle devra adhérer pour la quote-part de celui-ci. Le principe des opérations de vérification a posteriori a été adopté.

Des problèmes à régler

L'ATM demande en outre aux OP de motiver leurs éleveurs à adhérer, mais certaines d'entre elles se plaignent de devoir assurer la collecte et l'avance des fonds.
De leur côté « les abattoirs s'engagent à maintenir leurs contributions à 60 %, prévient Philippe Guillet, mais il faut que les éleveurs-abatteurs payent au juste prix et qu'il n'y ait pas de mélanges d'animaux morts et déchets d'abattage car ce n'est pas du tout le même coût ». Des discussions sont en cours avec le Cnadev (fédérations des petits abattoirs). Le tandem Bouron–Le Pottier a donc encore de beaux jours devant lui.

Source Réussir Aviculture Mai-Juin 2009

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