Antibiorésistance dans les volailles : le cri d'alarme de UFC-Que Choisir

Antibiorésistance dans les volailles : le cri d'alarme de UFC-Que Choisir

Encore trop de volailles présentent des bactéries résistantes à un ou plusieurs antibiotiques, révèle l'association de consommateurs UFC Que Choisir qui presse la France à "renforcer" la réglementation sur ce sujet de santé publique.

UFC a analysé 100 échantillons de poulet et dinde achetés en supermarchés, sur les marchés ou en boucherie. Et il en ressort que 26 échantillons sont contaminés aux bactéries et parmi eux, 61% sont porteurs de bactéries résistances à une ou plusieurs familles d'antibiotiques, détaille l'association dans un communiqué.

Quelque 23% sont même résistants à des antibiotiques critiques, "c'est-à-dire les plus cruciaux utilisés en médecine humaine en dernier recours pour des pathologies graves". UFC souligne par ailleurs que les volailles d'entrée de gamme "semblent plus impactées par l'antibiorésistance que les volailles biologiques", ce qui est logique puisque l'élevage bio encadre et limite strictement le recours aux antibiotiques. Les traitements allopathiques chimiques (y compris antibiotiques) ne sont possibles qu'en curatif et leur nombre est limité (de 1 à 3 par an selon la durée de vie de l'animal, hors traitements obligatoires et vaccins), selon la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab). S'agissant des viandes Label rouge, "la résistance est moindre" mais lorsqu'elle est présente, "cela concerne les antibiotiques critiques, les plus forts".

Un plan Ecoantibio 2012-2017 pas assez contraignant ?

Face à ce constat, l'association de consommateurs demande au gouvernement français de "sacraliser" dans la loi l'engagement de réduction de 25% de l'utilisation des antibiotiques dans les élevages. Et d'imposer un découplage strict entre la prescription et la délivrance, sachant qu'aujourd'hui bon nombre de vétérinaires prescrivent et vendent les traitements aux éleveurs.

Car pour l'UFC-Que Choisir, le plan Ecoantibio 2012-2017 du gouvernement n'est pas contraignant. Interrogé, le ministère de l'Agriculture précise que l'objectif d'une réduction de 25% de l'usage des antibiotiques dans les élevages d'ici à fin 2016 sera inscrit dans la loi d'avenir de l'agriculture qui sera discutée en avril au Sénat, après avoir déjà été adoptée par l'Assemblée.

En revanche, le projet de loi ne prévoit pas de découpler la prescription et la vente, précisant que les pays qui l'ont fait en Europe, comme l'Espagne, restent de gros consommateurs. La France a réduit de 40% en cinq ans l'usage des antibiotiques dans les élevages, précise encore le ministère, ce qui place l'Hexagone au 10e rang européen, loin derrière l'Espagne et l'Italie, plus grand utilisateurs du continent.

Enfin, dans la cadre des négociations sur l'accord de libre-échange entre l'UE et les États-Unis (TTIP), l'Europe doit se positionner clairement contre tout allégement des normes européennes en matière de sécurité sanitaire, que ce soit sur l'antibiorésistance, les hormones de croissance ou la décontamination des carcasses à l'eau de javel, demande encore l'UFC.

Source AFP

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