Après l'électrochoc de la crise de 2006 : Les éleveurs de pigeons réactivent leur fédération

Pascal Le Douarin

Tirant les leçons de la crise passée, les producteurs de pigeons de chair réactivent leur fédération pour faire entendre leurs voix et être considérés comme des professionnels à part entière.

« Avec le choc des conséquences économiques de la psychose de l'influenza aviaire de
2005-2006, les éleveurs ont fait l'expérience des limites du regroupement économique »,
résume Jean-Luc Jourdain, qui après l'assemblée générale du 11 avril a été élu à la tête de
la Fédération nationale des groupements de producteurs de pigeon de chair (FNGPPC).
Cet éleveur et abatteur du Nord, syndicalement expérimenté et actif dans cette organisation
depuis les années 80, a accepté la présidence pour préparer le relais avec la génération
montante.
Une des premières décisions est d'ouvrir plus largement le débat et la prise de décisions.
Les adhésions à la FNGPPC vont être directes, alors qu'avant seuls les groupements y
adhéraient. Cent vingt éleveurs ont déjà adhéré, précise le président, sur un potentiel de
350 éleveurs professionnels sur les 500 estimés en France. Les décisions importantes
seront prises deux fois par an en assemblée.
Le dossier économique est en partie réglé. La profession n'a pas attendu les aides pour se
restructurer (dépôt de bilan de Eléfa, rachat des Charmilles) ni pour réduire ses volumes
d'environ 10 % par rapport à 2005. Ces aides françaises à la cessation d'activité ont mis
beaucoup trop de temps à se mettre en place.



Régler le dossier vaccination Newcastle

Le dossier d'actualité est celui de la vaccination obligatoire contre la maladie de Newcastle.
Suite à un renouvellement d'AMM plus restrictif, les vaccins utilisés d'ordinaire, et qui sont
efficaces, ne sont plus autorisés pour le pigeon. Les produits de remplacement, prévus
pour les pigeons d'ornement coûtent entre 15 et 40 fois plus cher. « Nous n'acceptons pas
de voir notre revenu diminué d'un quart, explique Jean-Luc Jourdain. Plutôt que de prendre
le risque de ne pas vacciner pour raison économique, nous allons préconiser aux éleveurs
de continuer à faire comme avant. Nous attendons une solution politique. »
Enfin, la FNGPPC nouvelle formule demandera sans doute à adhérer à la section
spécialisée pigeon de l'interprofession volailles. Malgré ses spécificités, la filière pigeon veut
être considérée comme une production avicole à part entière.


Source Réussir Aviculture Juin 2008

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