Aviculture : une filière au pied du mur

CERFRANCE Vendée

Une forte hausse des coûts de revient

Le principal enjeu à court terme pour les opérateurs de la filière est la répercussion de la forte augmentation des coûts de production (+ 20 % en 2012) sur les prix de ventes.

Lors de la première forte hausse en 2008, les opérateurs avaient fait preuves de cohésion pour faire passer des hausses importantes dans un contexte de demande assez forte.

Avec un niveau de consommation assez stable et une pression de plus en plus forte de nos concurrents européens, les négociations sont plus difficiles en 2012. L’information récente de l’observatoire des prix et des marges des produits alimentaires sur un niveau de marge nette de 5.9 % sur le rayon volailles a relancé les tensions. Le rayon volailles est en effet le rayon le plus rentable des rayons alimentaires analysés.

Une perte de compétitivité de la filière

Dans un contexte de croissance mondiale forte au niveau de la consommation de volailles (+ 4 à 5 % / an) la France n’a pas pris sa part de gâteau avec une production qui stagne depuis 2006 mais qui a fortement baissé depuis 2000 (voir graphique).

Le rebond du niveau de production en poulet depuis quelques années est dû principalement à la reprise du marché vers le Moyen Orient. A l’opposé,  45 % de notre consommation nationale de poulet est maintenant produite à l’étranger.

La principale raison évoquée est la perte de la compétitivité de la filière et en particuliers par rapport à nos voisins européens. Les allemands ont multiplié leur production par 3 depuis 1991. Les facteurs de décrochage les plus souvent évoqués sont la spécialisation des outils de production, la différence des coûts de main d’œuvre, le manque d’investissements dans les outils de production et de transformation et les contraintes environnementales fortes.

Un plan stratégique  a été annoncé par Guillaume GAROT, ministre de l’agroalimentaire à l’AG de la confédération française de l’agriculture. Ce plan veut s’appuyer sur les 2 forces principales de la filière que sont la qualité de produits et la sécurité sanitaire. L’objectif est le maintien des emplois en rapprochant les positions des pouvoirs publics et des professionnels. La mauvaise image des productions spécialisées et les difficultés pour développer des nouveaux bâtiments sont aussi un frein important pour la filière.

Une filière poulet export en sursis

Les 2 fortes baisses successives des restitutions à l’exportation représentent 217 € / Tonnes (- 67 %). Cette baisse rapide remet en question le redressement de l’entreprise DOUX et fragilise les autres opérateurs. L’arrêt de ces débouchés représenterait au niveau national un séisme avec un nombre de bâtiments disponibles très important et des outils industriels qui pourraient fermer. Au niveau local, le parc de bâtiment destiné au poulet export est important mais il ne représente pas le même enjeu qu’en Bretagne avec 40 % du parc bâtiment.

Investir dans la volaille demain ?

Malgré des événements difficiles actuellement, la production de volailles présente de nombreux atouts aussi bien au niveau du produit (coût, diététique, praticité) qu’au niveau de l’élevage (confort de travail, stabilité des marges). Des nouveaux éleveurs se lanceront dans la production s’ils ont une vision claire du niveau de rémunération. Actuellement, sur la base des marges brutes moyennes, il est  difficile pour un éleveur de dégager un revenu avec un investissement neuf. Les opérateurs incitent à la rénovation du parc existant car le revenu disponible des éleveurs est plus important dans ce schéma. La continuation de la filière export est aussi un facteur déterminant sur le niveau de bâtiments disponibles dans les années à venir. Il est aussi important de renouveler les éleveurs par des installations. Dans ce but, les opérateurs accompagnent les nouveaux éleveurs par des aides à l’investissement et/ou un complément de marge sur les premières années.

Eric EGRON, conseiller volaille CERFRANCE Vendée 

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