Botulisme : Le nombre de cas signalés a explosé en 2007

Armelle Puybasset

Le réseau de surveillance RNOEA a constaté une recrudescence des cas de botulisme déclarés en 2007. Le poulet est devenu la production avicole la plus touchée par cette maladie, devant la dinde.

Le Réseau national d'observations épidémiologiques en aviculture (RNOEA) enregistre
depuis 1989 les cas de botulisme déclarés volontairement par une cinquantaine de
vétérinaires. Ces données n'informent pas sur le nombre total d'élevages touchés.
Elles reflètent néanmoins une image évolutive de la situation sanitaire des élevages en
France. « Jusqu'en 1991, le botulisme était une maladie rarement signalée (4 à 5 cas par
an), indique Rozenn Souillard, de l'Afssa de Ploufragan(1). Le nombre de signalements a
ensuite augmenté pour atteindre 20 à 25 cas entre 1995 à 1999, puis baissé après l'année
2000 (3 cas en 2004). Depuis l'année 2005, une recrudescence de cas a été observée au
sein du RNOEA avec 12 cas, puis 28 en 2006 et une explosion en 2007 avec 121 élevages
touchés. » Comme chaque année, la saisonnalité des signalements est très marquée avec
une augmentation durant les mois d'été (juillet, août, septembre).





Le poulet davantage touché

Cependant en 2007, le nombre de cas est resté élevé à l'automne contrairement aux
années précédentes.
Entre 1997 et 2006, 61,2 % des cas de botulisme ont été signalés en été et 8,5 % en
automne contre respectivement 56 % et 25,6 % en 2007 (effet de l'arrière-saison plus
douce ?).
Les dindes et les poulets standard sont les deux espèces avicoles les plus concernées
avec respectivement 34 % et 28 % des cas entre 1997 et 2007. Les autres productions
sont moins touchées par la maladie (11,4 % pour les canards, 10 % pour les faisans, 6,2 %
pour le poulet label et 4 % pour la pintade).
En 2007, la situation s'est inversée et le nombre de cas déclarés en poulets a dépassé celui
des dindes. Près d'un cas de botulisme sur 2 concernait le poulet en 2007 contre 25,6 %
des cas entre 1997 et 2006. « On observe également mais dans une moindre mesure une
augmentation des cas en pintades (3 cas signalés en 10 ans contre 9 cas en 2007). »




Toxines C et D majoritaires

Les toxines botuliques les plus fréquemment identifiées en 2007 sont de type C et D,
comme cela était déjà le cas les années précédentes.
Dans plus de la moitié des cas de botulisme signalés au RNOEA entre 1997 et 2007, le type
de la toxine botulique n'est pas précisé. La toxine C est signalée dans 27 %, la toxine D
dans 11 % des cas et la distinction entre les toxines C et D n'est pas précisée dans 8 %
des cas. Aucune toxine de type E n'a été signalée en 2007, alors que 6 cas avaient été
transmis entre 1997 et 2006.
La surveillance du botulisme dans les élevages se poursuit en 2008 avec notamment l'envoi
d'un questionnaire épidémiologique aux vétérinaires correspondants du réseau qui
permettra de mieux décrire les cas rencontrés sur le terrain. Contactée mi-septembre,
Rozenn Souillard nous a fait part de 46 cas signalés pour les 6 premiers mois de l'année
2008, essentiellement en poulet et en dinde, contre 22 signalés durant les 6 premiers mois
2007.
« Même si une augmentation des signalements de botulisme a été observée au cours du
premier semestre 2008 par rapport à 2007, il faut attendre l'exploitation des données des
mois d'été pour connaître l'évolution de la situation cette année », conclut l'épidémiologiste.



 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture d'Octobre 2008. (RA n°140, p. 10 à 21)



(1) Lors des Rippa organisées par Synthèse Élevage en juin 2008.

Source Réussir Aviculture Octobre 2008

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