Cage idéale en gavage : Ne soyons pas trop minimalistes »

Propos recueillis par Hervé Dumuis

Le responsable de la station palmipède à foie gras du lycée agricole de Périgueux appelle la filière à ne pas être trop réductrice dans l'application de la recommandation.

Quelles recommandations de dimensions faites-vous sur les cages collectives ?

Il y a un grand vide lié à l'absence de normes claires. Les résultats expérimentaux ont mis en évidence que les comportements requis par la recommandation semblent bien exprimés à partir de surfaces voisines de 1500 cm2 par canard avec 6 canards par logement, mais économiquement ça ne passe pas. Et pourtant des surfaces à 2000 cm2 ont été testées et ont souligné des performances techniques intéressantes au-delà de l'aspect bien-être.

François Héraut, responsable de la station palmipède à foie gras du lycée agricole de Périgueux : « Il y a un grand vide lié à l'absence de normes claires. » (P. le Douarin)

François Héraut, responsable de la station palmipède à foie gras du lycée agricole de Périgueux : « Il y a un grand vide lié à l'absence de normes claires. » (P. le Douarin)

Est-il raisonnable de proposer des cages de moins de 1400 cm2 ?

On est face à un dilemme. Des cages arrivent sur le marché autour de 1300 cm2 par canard car les constructeurs sont bien conscients des enjeux économiques pour les producteurs. Il convient cependant de s'assurer que ces surfaces soient suffisantes et acceptables selon les termes de la recommandation et en particulier que les canards aient suffisamment d'espace pour étirer et battre leurs ailes, ce qui est un critère important dans le bien-être. À cela s'ajoute l'article 10-2, trop facilement oublié et qui dit que le canard doit pouvoir plonger sa tête sous l'eau. Un abreuvoir placé à l'arrière, entre deux rangées, semble difficile d'accès pour le nettoyage. Placé côté couloir, il peut occasionner des gênes au gaveur. Enfin des volumes importants d'eau dans l'abreuvoir sont sources de gaspillage et d'effluents en plus grande quantité.

Quelles autres conséquences pour le gaveur ?

Les logements collectifs engendrent une tâche supplémentaire de repérage qui monopolise davantage l'attention du gaveur par rapport aux logements individuels. Certains gaveurs font 400 canards à l'heure, d'autres 750. Cette variabilité est en corrélation avec le nombre de canards. Cela veut dire qu'une taille de groupe plus grande est un désavantage pour le gaveur qui travaille moins vite et donc une source de stress possible. Il faut évaluer très précisément l'ergonomie du système. La position verticale semble s'imposer car elle permet de gaver le canard quel que soit son positionnement au moment de l'attrapage.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture de juillet-août 2009. (R. Aviculture n°148, p. 12 à 19)

Source Réussir Aviculture Juillet-Août 2009

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