Crise de l'œuf : après leur réunion avec Le Foll les éleveurs suspendent leurs opérations pendant 15 jours

Crise de l'œuf : après leur réunion avec Le Foll les éleveurs suspendent leurs opérations pendant 15 jours

Les éleveurs en colère, qui ont détruit des centaines de milliers d'œufs la semaine dernière pour protester contre la chute des cours, se sont donné mardi un répit de 15 jours pour voir remonter les prix après avoir été reçus à Rennes par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

« On laisse 15 jours pour que les cours remontent, sinon les actions reprendront », a menacé un éleveur, prénommé Sébastien, lors d'une conversation téléphonique avec l'AFP à l'issue de la réunion. Les producteurs en colère, réunis dans un collectif informel et qui ont détruit des œufs quatre soirs de suite en Bretagne, avaient suspendu leurs actions dans l'attente de la réunion.

Après près de deux heures de discussion à la préfecture de Bretagne, en présence de quelque 45 représentants des institutions, des producteurs et de leurs organisations notamment, M. Le Foll a annoncé la mise en place d'un « guichet unique » pour aider les producteurs d'œufs en difficulté à surmonter cette phase délicate. Ce guichet, mis en place à la préfecture de Bretagne, s'adressera aux éleveurs qui doivent faire face à des difficultés de remboursement, qu'il s'agisse d'échéances fiscales ou sociales, en raison de la chute des cours de l'œuf. Ce guichet s'adresse à tous les producteurs français, ceux de l'ouest représentant 40% de la production française.

Le préfet de Bretagne, Patrick Strzoda, a été chargé de mettre en place dès aujourd’hui un comité de suivi afin de superviser l'adoption par la profession de « mesures techniques » destinées à lutter contre la surproduction, a ajouté le ministre. Parmi celles-ci, figure l'accroissement des vides sanitaires entre les lots de poules dans les élevages, ce qui réduira mécaniquement la production. La profession va prendre contact avec des banques alimentaires, dont un représentant participait à la réunion, afin d'effectuer des dons. D'autres œufs pourraient prendre la direction des filières animales, en particulier des chats et des chiens, qui pourraient être intéressées par cet aliment, a indiqué le ministre.

« Du potentiel » à l'export M. Le Foll a aussi « pris l'engagement devant les professionnels de les aider à trouver des marchés » à l'exportation. « Il y a du potentiel », a-t-il assuré. De leur côté, « les organisations de producteurs sont prêtes à assumer leur rôle », a déclaré Yves-Marie Beaudet, président de la section œufs de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne et des Pays de Loire (UGPVB), qui n'a pas participé au mouvement de destruction des œufs. « Dans un court terme très rapide, sans doute qu'il va falloir retirer un peu d'œufs du marché pour les stocker et peut-être les valoriser sur des marchés pays tiers », a ajouté M. Beaudet. « Le thermomètre donné par le collectif, c'est la remontée de la cotation des œufs d'ici la fin août » sinon, « sans doute », ses actions reprendront-elles, a indiqué M. Beaudet, confirmant ainsi les propos de Sébastien.

Le ministre, qui avait accusé lundi la grande distribution de peser sur les prix des œufs, a indiqué qu'il rencontrerait des représentants de ce secteur « fin août, début septembre ». Il a par ailleurs annoncé pour le début de la semaine prochaine la nomination d'un inspecteur général, qui devra lui remettre un rapport à l'automne sur les moyens d'aider la profession à mieux s'organiser. Il a rappelé que la mise aux normes européennes des poulaillers au nom du bien-être animal s'était accompagnée d'un agrandissement des élevages, et donc d'une surproduction. A propos des pays qui n'ont pas procédé à cette mise aux normes et concurrencent les producteurs français, M. Le Foll a indiqué que certains États étaient déjà devant la Cour européenne de justice « et s'exposent à des sanctions ».

Dans la soirée, Philippe Juven, président du Comité national pour la promotion de l'œuf (CNPO), a fait part dans un communiqué de sa « perplexité » quant aux « soutiens annoncés par le ministre ». Si certaines mesures « vont dans le bon sens, nous restons sur notre faim concernant l'essentiel, les mesures permettant d'adapter l'offre à la demande », dit-il. La Confédération paysanne ne voyait mardi soir que « peu de perspectives de sortie de crise à court terme ».

Source AFP

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