Des marges en hausse qui stimulent les rénovations

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Décembre 2011

Des marges en hausse qui stimulent les rénovations
La directive Bien-être du poulet de chair qui bride les densités ne s’est pas encore fait sentir sur la productivité qui, comme en témoigne l’enquête avicole, a de nouveau progressé en 2010-2011. © A. Puybasset

En volailles de chair, les marges brutes ont à nouveau progressé, grâce à une rotation soutenue et de meilleures performances techniques. C'est ce que révèle l'enquête avicole 2010-2011 des chambres d’agriculture.

Evolution des résultats depuis 1990 en poulet et dinde

Des marges en hausse qui stimulent les rénovations

Le solde disponible progresse, le poste annuité décolle très légèrement. Pour en savoir plus : Résultats de l’enquête avicole 2010-2011. Document de 52 pages édité par les chambres d’agriculture de Bretagne. Prix public : 40 euros.

L’anniversaire des 30 ans de l’enquête avicole aura été marqué par des marges en hausse pour toutes les productions majeures de volailles de chair. Même si la marge de progrès est moins élevée que l’an dernier, la tendance à la consolidation des marges brutes annuelles, constatée depuis cinq ans, s’est poursuivie sur la période de juillet 2010 à juin 2011 : + 6 % de marge brute en poulet standard, + 3 % en dinde, + 0,4 % en poulet export (souches classiques), + 17 % en poulet lourd ou + 5 % en canard. Seule la pintade régresse de 7 % (en standard), pénalisée par une flambée des charges et une baisse de la rotation. L’enquête, réalisée par les chambres d’agriculture de 19 départements du Grand Ouest et du nord de la France, recueille les résultats de 570 éleveurs, représentant près d’un million de mètres carrés de poulaillers, soit environ 7 % du parc. « Ce bol d’air pour les producteurs s’explique par une bonne tenue des marchés qui tire la production avec une amélioration de la rotation, notamment en poulet », souligne Didier Goubil, président du pôle aviculture des chambres d’agriculture de Bretagne. « Parallèlement, les performances techniques et la productivité ont continué à croître. Les rémunérations ont été maintenues, malgré l’augmentation importante du prix des matières premières. »

Durées de vide plus courtes

Si l’on s’intéresse plus spécifiquement à chaque production, la marge poussin aliment (MPA) a atteint 7,72 euros/m2/lot en poulet standard (souches classiques) et la marge brute s’établit à 32,62 euros/m2/an, soit une progression de 32 % en cinq ans. « Cela s’explique par une amélioration des performances techniques (surtout l’indice de consommation) et par une meilleure rotation », détaille Élodie Dezat, conseillère à la chambre régionale de Bretagne. L’augmentation de ce facteur de productivité est encore plus marquant en poulet export où le nombre de lots par an est passé de 7,51 à 8,15 (cas des bâtiments spécialisés). La marge brute s’établit à 38,20 euros/m2/an. En poulet lourd, les marges brutes restent supérieures dans les productions sexées (36,85 euros/m2/an) autant que non sexées (33,44 euros). En dinde, la MPA a progressé grâce à de meilleures performances techniques et une baisse de la mortalité (20 euros/m2/lot). La rotation augmente peu. De fait, la marge brute progresse dans une moindre mesure (32,30 euros/m2/an).

Effet rénovation

En poulet comme en dinde, les charges variables sont quasiment stables. Le poste principal du chauffage progresse peu, comparé à l’envolée du prix du gaz. La tonne a atteint 810 euros en moyenne au deuxième trimestre, dépassant largement le pic de fin 2008. « Cette stabilité s’explique probablement par l’impact des rénovations visant à mieux maîtriser les consommations d’énergie, les effets du Plan de performance énergétique en somme, remarque Élodie Dezat. Pour la première fois, ce sont les postes liés à l’ambiance des bâtiments qui ont été les plus rénovés (chauffage, échangeurs de chaleur, régulation, ventilation et isolation). » Le montant moyen de l’investissement s’élève à 11 520 euros par bâtiment.

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Des marges de progrès

Cette année encore, l’enquête souligne les écarts de résultats entre le premier et le dernier quart des élevages, avec des marges brutes passant du simple au double. La productivité (densité, rotation) est un facteur important pour expliquer ces différences, mais ce n’est pas le seul. En poulet, l’origine des écarts s’explique pour 38 % par les performances techniques, preuve qu’il reste des marges de progrès.
Le document compare également les performances par organisation de production. Sur les dix entreprises qui atteignent une représentativité suffisante pour être comparées en poulet (standard, export et lourd), l’écart entre les extrêmes atteint 9 euros/m2 de marge brute (moyenne sur 6 ans), soit 9 000 euros pour un bâtiment de 1 000 m2. « Il faut bien choisir avec qui l’on travaille », souligne Jean-Michel Choquet, président du Cravi Bretagne, dès lors que ce choix n’est pas restreint selon la situation géographique ou le type de production.

Un frémissement des constructions

Le solde disponible(1) en poulet et dinde remonte à 13,20 euros/m2/an, alors qu’il était descendu à 6 euros en 2005-2006 (crise influenza aviaire). Le poste annuité augmente très légèrement. Cela montre l’effort d’investissement dans les bâtiments : rénovations soutenues et « frémissement » du côté des constructions neuves. Selon les simulations réalisées par les chambres d’agriculture, s’installer avec un bâtiment d’occasion rénové est bien plus envisageable qu’avec du neuf. Pour un poulailler neuf en poulet-dinde standard, le solde disponible est de 3,80 euros/m2/an en moyenne et de 9,92 euros pour les 50 % meilleurs. Dans le cas d’une reprise, le solde atteint 8,13 euros en moyenne et 16,02 euros pour les 50 % meilleurs(2). Des chiffres qui ne tiennent pas compte des éventuelles aides des entreprises partenaires de l’éleveur.

(1) L’excédent brut d’exploitation moins les annuités et les investissements autofinancés.
(2) Une feuille de calcul des marges objectif est disponible sur le site www.bretagne.synagri.com

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