Des solutions pour le lisier de canard

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Octobre 2012

Des solutions pour le lisier de canard
Installation de séparation de phase de la SCEA Grimault. La fraction solide tombe du séparateur puis est mise en andain pour être compostée. © A. Puybasset

Lorsque l’épandage n’est pas possible, d’autres voies existent pour gérer le lisier de canard. Réduction des volumes à la source, séparation de phase, méthanisation... Notre dossier fait le point.

Pour en savoir plus

Des solutions pour le lisier de canard

Voir dossier de Réussir Aviculture d'octobre 2012. R. Aviculture n°180 p. 14 à 23.

L’épandage du lisier sur des terres en propre ou en prêt est l’option généralement prise par les producteurs de canards de chair ou gras pour gérer les effluents de leur élevage. Mais que faire lorsque cette solution, facile à mettre en œuvre et assez économe, n’est pas possible ?

Avec l’évolution de la réglementation environnementale et notamment la mise en place dans certains bassins versants de nouvelles normes, basées sur l’équilibre de la fertilisation phosphore-azote, les surfaces d’épandage viennent à manquer. Des éleveurs se tournent vers d’autres voies de gestion du lisier.
À l’avenir, la technique de la séparation de phase par gravité qui se développe en élevage porcin (raclage par caillebotis avec gouttière de récupération de la phase liquide) pourrait également être envisagée pour des canardiers neufs.

Pour limiter à la source les volumes d’effluents à traiter, la station de canards à gaver du lycée agricole de Périgueux s’est équipée d’un dispositif de séparation du lisier et des eaux peu chargées (eaux de lavage et d’abreuvement).

La séparation de phase concentre le phosphore dansla partie solide exportable

La principale solution pour gérer le lisier est la séparation de phase. Ce procédé permet de concentrer les fertilisants dans le refus de séparation. Cette fraction plus solide peut être exportée et « sortir » du plan d’épandage. Ces installations engendrent des investissements conséquents, mais c’est parfois le prix à payer pour conserver son droit à produire. La commercialisation du compost issu du séparat permet en partie de compenser ce coût. Dans certains cas, c’est la réduction des nuisances olfactives ou encore l’optimisation agronomique des phases liquides et solides (moins de lessivage des fertilisants lors de l’épandage) qui motive la décision d’investir dans ce type de traitement.
Il existe différentes techniques de séparation de phase, comme celle du tamis vibrant (utilisée dans l’élevage de Loïc Roulleau en Ille-et-Vilaine) ou par compression à l’aide d’une vis sans fin (comme c’est le cas à la SCEA Grimault dans le Maine-et-Loire).
Plus anecdotique, la méthanisation du lisier de canard permet de produire de l’électricité (revendue à ERDF) et de la chaleur valorisable dans les bâtiments d’élevage. C’est le cas de l’exploitation du Bois Brillant dans le Maine-et-Loire. Peu méthanogène et chargé en azote, le lisier de canard ne peut alimenter seul le digesteur et sert surtout de liant. Parce qu’elle nécessite des investissements élevés, la gestion du lisier par la méthanisation reste une solution d’opportunité (exploitation polyculture-élevage, unité à proximité…).
Par ailleurs, les références Corpen servant de base au calcul des surfaces d’épandage sont en cours de révision. Selon les mesures réalisées, l’effluent de canard voit ses teneurs en azote grimper de pratiquement 50 %. À l’inverse les rejets en phosphore diminuent, ce qui va dans le sens d’une fertilisation plus équilibrée entre les deux minéraux. L’actualisation des références, attendue pour la fin de l’année, risque de rebattre les cartes des surfaces d’épandage.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires