Entreprises en filière volaille : LDC retrouve un haut niveau de rentabilité

Pascal Le Douarin

Le leader LDC retrouve un niveau de profitabilité exceptionnel pour le secteur de la volaille. Avec les acquisitions de Marie et d'Arrivé, il vise les 2,5 milliards annuels de chiffre d'affaires.

Fin novembre, Denis Lambert ne boudait pas son plaisir à l'annonce de deux actualités positives : celle des résultats semestriels du groupe qu'il préside, et celle de l'acquisition effective du vendéen Arrivé, quelques semaines après celle de Marie.
Les résultats du premier semestre de l'exercice 2009-2010 ont de quoi faire pâlir d'envie les autres volaillers français. « Le 27 mai 2009, nous avions annoncé un objectif de résultat opérationnel courant de l'ordre de 75 millions d'euros, a souligné Denis Lambert. Avec ce premier semestre à 38,9 millions d'euros et avec 4,2 % de marge opérationnelle, nous sommes engagés pour les 80 millions. »

Reprise de la consommation

Au premier semestre, le pôle « Volaille France » représente encore 79 % du chiffre d'affaires semestriel global (925 M€) et contribue à 87 % de la marge opérationnelle (38,9 M€). L'activité a été bonne, grâce à une reprise de la consommation de volailles, à laquelle s'est combinée une baisse des intrants. Avec ses innovations et sa marque Le Gaulois (200 M€ d'activité), LDC annonce une progression de 5 % en GMS, double de celle du marché.

De l'entier vers l'élaboré

Secoué depuis deux ans, en Espagne (site de Madrid fermé) comme en Pologne (incendie d'une usine), le pôle « Volaille international » se redresse, surtout en Pologne. Une nouvelle usine va encore y accentuer le basculement de la volaille entière vers l'élaboré. Avec 65,7 millions d'euros de chiffre d'affaires semestriel, ce pôle a généré 2,8 millions d'euros de résultat opérationnel. Pour ce semestre, avec 126 millions d'euros de chiffre d'affaires, le pôle « traiteur » n'a dégagé que 1,7 % de marge opérationnelle (2,1 M€), « faute d'une revalorisation tarifaire suffisante », selon le directeur financier André Delion. L'acquisition d'Entracte — n° 4 du sandwich — a pourtant permis de mettre les bouchées doubles avec une hausse de 82 % sur ce segment (24 % de l'activité traiteur, 1,25 million de pièces par semaine) alors que les autres produits sont en légère hausse (tartes et pizzas : + 2,3 %), stable (plats cuisinés), en recul faible (asiatique - 2,6 %) ou fort (crêpes-galettes – 23 %). Denis Lambert compte beaucoup sur le rachat de Marie, n° 3 du traiteur, pour donner une nouvelle dimension à un pôle cantonné aux marques distributeurs (87 % du CA). S'il réussissait à retrouver les volumes qui ont manqué et plombé les comptes de Marie, LDC peut prétendre à la place de n° 3 derrière Sodebo et Fleury Michon.

LDC fera de « Maître coq » la marque spécialiste du poulet, tandis que « Loué » représente le poulet de la ferme, et « Le Gaulois » la volaille du quotidien et de la praticité. (Maître Coq)

LDC fera de « Maître coq » la marque spécialiste du poulet, tandis que « Loué » représente le poulet de la ferme, et « Le Gaulois » la volaille du quotidien et de la praticité. (Maître Coq)

 

Bonnes perspectives 2010

Avec douze acquisitions en une année, LDC accélère sa stratégie. Le chiffre d'affaires prévisionnel 2009 de Marie est de 247 millions d'euros, celui d'Arrivé de 310 millions sur la partie acquise. Le groupe veut atteindre les 2,5 milliards de chiffre d'affaires sur l'exercice 2010-2011 : 2 milliards en volailles et 500 millions en produits traiteurs, avec 50 % de ses produits sous forme labellisée ou élaborée.
Cette année sera principalement consacrée à intégrer les outils et les équipes Arrivé et Marie dans le dispositif en réseau de LDC, à remonter la marge opérationnelle d'Arrivé à 3 % et à retrouver l'équilibre avec Marie.

Innovations et publicité

Par ailleurs, les lancements d'innovations vont se poursuivre et les actions de communication grand public se renforcer. Le groupe devrait y consacrer plus de 21 millions d'euros sur cinq marques (Loué, Traditions d'Asie, Le Gaulois, Maître coq, Marie). Est-il en mesure de faire de nouvelles acquisitions ? Marie et Arrivé lui ont coûté 130 millions d'euros, ce qui a pompé la trésorerie disponible pour ce type d'opération, mais « nous disposons encore d'une autorisation de tirage de 60 millions d'euros », a reconnu André Delion.
À la fin du premier semestre, le groupe avait réalisé 25,5 millions d'euros de résultat net, dégagé 53,5 millions d'euros de capacité d'autofinancement et détenait 502 millions d'euros de fonds propres. À condition de ne pas rénover ses propres outils, LDC peut « se payer un Arrivé » presque tous les ans. De quoi rassurer ses banquiers.

Source Réussir Aviculture Janvier - Février 2010

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