Epizootie d’influenza aviaire : quel impact sur la filière française du foie gras

Crédit Agricole, Pôle AgroAlimentaire

Epizootie d’influenza aviaire : quel impact sur la filière française du foie gras

Une épizootie de grippe aviaire sévit depuis fin novembre 2015 dans le Sud-Ouest de la France, avec 69 foyers recensés dans 8 départements.

Pour l’enrayer et permettre à la France de retrouver son statut « indemne » levant toutes les interdictions à l’importation de volailles françaises, les pouvoirs publics ont décidé de mettre en place un vaste plan d’assainissement applicable dans tout le grand Sud-Ouest (18 départements), avec instauration d’un vide sanitaire total pour les élevages de palmipèdes, qui prévoit la poursuite de l’élevage et du gavage des animaux en place dans les élevages, mais aussi l’arrêt des mises en place de canetons dans les élevages à partir du 18 janvier dernier, avec un objectif de remise en place de canetons dans les élevages à partir de début mai.

Commentaire

Les mesures annoncées sont sans précédent. Le vide sanitaire va entraîner un arrêt total des élevages du Sud-Ouest pendant au minimum 1 mois, et plus généralement de 2 à 3 mois, entraînant une perte de revenu particulièrement sévère pour les éleveurs spécialisés et notamment pour ceux qui travaillent en filière courte, assurant l’abattage et la transformation à la ferme. Elle touche également fortement les accouveurs qui ne peuvent plus ni commercialiser leurs canetons dans tout le grand Sud-Ouest depuis le 18 janvier dernier, ni les exporter, en raison des embargos sur les volailles françaises (et plus particulièrement sur les animaux vivants) mis en place par de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. 

D’autres maillons de la filière foie gras sont également impactés : les fabricants d’aliments du Sud-Ouest (baisse de production estimée à 250 000 tonnes dont 150 000 tonnes de maïs), les transformateurs-conserveurs, les LISA (ventes d’aliments pour les élevages) ainsi que les transporteurs. Il est très difficile d’évaluer dès maintenant les pertes prévisibles de ces différents opérateurs, mais les pouvoirs publics ont annoncé la mise en place de différentes aides financières : 130 M€ pour indemniser les éleveurs et les accouveurs et, pour les autres maillons de la filière, des reports et des exonérations de charges sociales et fiscales ainsi que des avances de trésorerie et des mesures de chômage technique (également chez les accouveurs). En outre, les investissements destinés à renforcer la biosécurité de la filière : réorganisation des modes d’élevage, des transports... seront également aidés. 

Cette épizootie qui touche le Sud-Ouest, principale région française de production de foie gras, et le plan d’assainissement mis en œuvre, vont pénaliser particulièrement les opérateurs spécialisés présents uniquement dans cette région, mais permettront sans doute une certaine résorption des stocks présents dans la filière et favoriseront la production des filières concurrentes des Pays de Loire mais également de Hongrie et de Bulgarie.

De ce fait, les deux principaux opérateurs, Maïsadour et Euralis, groupes coopératifs polyvalents présents également en Pays de Loire, mais aussi en Bulgarie dans le cas d’Euralis, ne paraissent pas les plus vulnérables.

Retrouver tout le dossier :   PRISME – L'analyse de la conjoncture agricole et agroalimentaire du Crédit Agricole

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Commentaires 1

ilantifenn

éleveur gaveur jeune agriculteur dans 1 mois plus de revenus comment faire!!!!! et pour les aides plus personnes en parle il vaut mieux etre étranger au moins eux il sont logé

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