Equarrissage : Chaque filière doit gérer ses animaux morts

Pascal Le Douarin

Pour faire face à l'arrêt du financement public de l'équarrissage, chaque filière d'élevage a mis ou met en place son propre dispositif, avec une solidarité à géométrie variable.

Depuis le 18 juillet dernier l'équarrissage des animaux trouvés morts en exploitation, autrefois appelé Service public de l'équarrissage (SPE), est directement financé par les éleveurs, aidés du reste de leur filière respective. L'État s'est totalement désengagé du financement estimé à 44 millions d'euros sur 156, à quelques exceptions près : les départements et territoires d'outre-mer, les animaux morts sans propriétaire ou détenteur connu, et les abattages ordonnés par sécurité et salubrité publiques. Ceci devrait concerner 10 000 tonnes et 5 millions d'euros de budget.
Depuis des mois, les représentants des éleveurs ont eu le temps de se préparer séparément au changement de régime annoncé.
D'une part, pour négocier collectivement les appels d'offres auprès des trois groupes d'équarrissage et pour les neuf zones géographiques. D'autre part, pour débattre dans chaque filière à la répartition des ressources nécessaires. Sur le premier point, les tarifs finalement négociés le 17 juillet ont été globalement réduits de 2 %, alors que les équarrisseurs demandaient une hausse de 17 %.

Même si toutes les filières ne sont ps parvenues à un accord financier, le ramassage des animaux morts peut et doit continuer. (P. Le Douarin)

Même si toutes les filières ne sont ps parvenues à un accord financier, le ramassage des animaux morts peut et doit continuer. (P. Le Douarin)

Solidarité variable

Certains points du cahier des charges initial auraient été allégés, comme la pesée embarquée qui sera mise en place au fur et à mesure du remplacement de la flotte.
Pour le financement par filière, l'État a incité à mettre en place des Cotisations volontaires obligatoires (CVO) imposées par les interprofessions. Toutes n'y sont pas parvenues.
En aviculture, la volaille de chair(1) tire bien son épingle du jeu. Faute d'interprofession, l'adhésion à l'organisme de gestion (ATM) n'est pas obligatoire. Déjà opérationnelle depuis deux ans, l'ATM volaille a affiné les volumes à la baisse. La facture globale est réduite de 25 % pour un objectif de 27 950 tonnes à collecter. Dix pour cent seront pris en charge par les éleveurs par des cotisations sur le poussin mis en place (voir tableau) et le solde par les abatteurs (4,68 €/tonne). Le secteur lapin a également une ATM et une CVO (20 % éleveur-80 % abattoir). Dans le secteur palmipèdes gras, la CVO a été augmentée. Elle est payée par les éleveurs, les gaveurs, et les abatteurs-découpeurs. Les indépendants doivent se déclarer directement au Cifog.

Le secteur des oeufs de consommation n'a pas encore réussi à s'accorder. Les producteurs veulent bien financer 20 % des coûts, mais l'aval (centres de conditionnement, abattoirs) n'est pas disposé à compléter. L'État n'a pas souhaité que les équarrisseurs facturent directement les éleveurs de poulettes ou de poules. C'est pourquoi la taxe d'abattage (qui finançait le SPE) a été multipliée par cinq (30,50 €/t au lieu de 6,25 € précédemment). Pour les secteurs volaille chair, lapin et foie gras, elle a été portée à zéro. Enfin, il reste à régler le cas des « petites » productions comme le gibier ou l'autruche.

 

(1) Toutes espèces y compris les reproducteurs, sauf le gibier et les ratites.

Source Réussir Aviculture septembre 2009

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