Exploitations avicoles : L'aval soutient ses éleveurs chair

Pascal Le Douarin

Les multiples portes ouvertes témoignent de la volonté des organisations de production d'inciter des jeunes à s'installer et de motiver ceux en place à construire, à reprendre et à rénover. Avec des aides substantielles à la clé.

En cette fin d'année chahutée par les crises, le monde de l'aviculture de chair vit un
paradoxe. Alors que certains de ses marchés se rétrécissent, le maillon de la production
retrouve une certaine sérénité, liée aux meilleurs résultats techniques et économiques
obtenus dans les élevages. Dans quelques semaines, l'enquête des chambres d'agriculture
du Grand Ouest nous livrera les chiffres de l'année 2007-2008, avec sans doute de bonnes
progressions. Cette bouffée d'oxygène, les producteurs la doivent surtout à la prise de
conscience de leurs organisations de production et des opérateurs aval.
Interrogés en mars 2007, à l'occasion de notre dossier du mois d'avril intitulé « Productions
avicoles cherchent éleveurs », beaucoup d'entre eux sous-estimaient le manque de
producteurs à court terme. Pourtant, les chiffres montrent l'ampleur du phénomène. Entre
l'année 2000 et le premier trimestre de cette année, la production française de volailles a
reculé globalement de 17 %. Hormis le canard qui a progressé de 10 %, les autres
productions ont cédé du terrain : - 40 % en dinde, - 20 % en pintade, - 5 % en poulet
(malgré la reprise entamée depuis 2007). Dans un premier temps, l'érosion du parc a
permis d'ajuster offre et demande. Mais cette baisse a été plus forte qu'attendu, avec un
taux annuel de disparition se situant, selon l'Itavi, entre 2 % et 3 % en moyenne. Le taux de
construction est descendu à 0,3 % en 2006. Donc le parc restant vieillit.







Philippe Tastard, jeune aviculteur breton, s'est installé en 2008  en reprenant deux poulaillers. (P. Le Douarin)

Philippe Tastard, jeune aviculteur breton, s'est installé en 2008 en reprenant deux poulaillers. (P. Le Douarin)

Le taux des rénovations, tombé à presque 1 % en 2006, ne permet plus de maintenir le
potentiel de production. Ce phénomène touche toutes les productions, y compris le label
rouge, et toutes les régions.
Ayant pris conscience de la gravité de la situation, des organisations de production se sont
lancées à la « chasse aux surfaces », avec des primes de reprise, ce qui a exacerbé la
concurrence. Périlleuse stratégie sur le long terme et mauvaise ambiance garantie entre
éleveurs. C'est pourquoi d'autres mécanismes d'incitation ont suivi : aides à la rénovation
pour les éleveurs en place, aides à la construction, aides à l'installation pour les jeunes.
Toutes significatives.






Réussir Aviculture a recueilli des témoignages dans dix structures avec des situations
différentes : installations par reprise ou par construction, agrandissement de structures
existantes, rénovations, renouvellement du parc label rouge. Tous indiquent qu'il est
envisageable de gagner sa vie en volailles de chair, même si ce n'est pas toujours dans la
facilité. Comme le disait récemment Bernard Tauzia, producteur landais de volailles label
rouge : « l'amour du métier d'aviculteur est là, mais il faut le rendre financièrement attractif
pour qu'il attire des jeunes et pour que ceux installés continuent ». Il revient aux partenaires
des éleveurs de faire en sorte que ces aides incitatives, mais temporaires, soient
complétées par une rémunération correcte. Faute de quoi le retour à la « case départ »
pourrait être rapide et même peut-être définitif.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture de Novembre 2008 consacré au maintien du parc avicole.
(R. Aviculture n°141, p. 12 à 26)

Source Réussir Aviculture Novembre 2008

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