Génétique : La souche de Dinde BUT 10 désormais disponible

Pascal Le Douarin

La souche BUT 9 ne donnant plus satisfaction aux accouveurs français, le nouveau groupe Aviagen Turkeys a concocté la souche BUT 10 spécialement pour notre marché.

Quelques semaines après la fusion de deux entreprises soeurs — BUT et Nicholas — en
Aviagen Turkeys, les dirigeants sont venus en France pour lancer la nouvelle souche BUT
10, déjà testée dans l'Hexagone sous le nom de code TP1.
Depuis déjà plusieurs années, la reproductrice mère des dindonneaux BUT 9 régressait en
termes de reproduction (moins d'oeufs, moins d'éclosabilité), alors que le produit
commercial s'alourdissait. BUT a réagi face à la concurrence grandissante de Nicholas et
de Hybrid Turkeys.







Changement de mère

Selon Magnus Swalander, généticien de la partie européenne d'Aviagen Turkeys, le
croisement BUT 10 a été tout spécialement conçu pour le marché français et pour répondre
aux attentes des accouveurs et des éleveurs (voir encadré). Le changement s'est opéré
au niveau de la lignée femelle, le mâle Big 6 ML apporteur du poids ayant été conservé (1).
La mère de la T9, la Big 5 FLX, a fait place à la femelle BUT 10 FLX. Cette lignée est bien
connue, assure Magnus. « Nous l'avons dans notre réservoir génétique depuis 50 ans. En
production, elle donne des produits plus robustes, plus productifs, avec un meilleur
rendement. En ponte, elle possède une bonne fertilité et éclosabilité, ainsi qu'une
persistance de ponte. » C'est aussi elle qui entre dans la composition de la souche semi-
lourde Big 9, utilisée au Brésil depuis plusieurs années.

La nouvelle femelle BUT 10 FLX est conforme aux attentes des accouveurs en termes de reproduction. (Aviagen Turkeys)

La nouvelle femelle BUT 10 FLX est conforme aux attentes des accouveurs en termes de reproduction. (Aviagen Turkeys)

 

Format médium en France

Déjà lancée en Afrique du Sud, la BUT 10 FLX y donne toute satisfaction. En termes de
ponte, l'objectif de 123,2 oeufs à 24 semaines est jugé possible, avec 87,2 % d'éclosion et
une bonne fertilité dès le début de ponte. Les essais terrain réalisés en France sur les
produits commerciaux montrent un gain moyen quotidien (GMQ) proche de celui de la BUT
9, mais légèrement inférieur (1 g en femelle et 2,7 g en mâle). Par contre, l'IC est meilleur
(presque 100 g de moins par kilo vif) et la mortalité presque réduite de moitié. Ramené au
kilo de filet, le gain global serait de l'ordre de 300 grammes d'aliment (10,36 kg d'aliment par
kilo de filet) sur des mâles de 18 semaines. En rendement filet, l'écart est de 0,6 % et le
taux de saisie est amoindri d'autant.

Gamme adaptée

Les accouveurs ont posé la question du positionnement du produit dans la gamme Aviagen
Turkeys, qui se compose désormais de cinq produits commerciaux, allant du super lourd
au médium : Big 6, Nicholas 700, Big 9, Nicholas 300 et la nouvelle BUT 10.
Comment choisir entre le produit BUT 10 et le Nicholas 300, auparavant présenté comme
une alternative au dindonneau BUT 9 ? Existe t-il un profil d'éleveurs plus adapté pour le
BUT 10 ? Pour Ian Hamilton, vice-président d'Aviagen Turkeys, « c'est à la clientèle de
déterminer quel produit correspond le mieux à ses attentes, en fonction des âges
d'abattage des mâles comme des femelles ». Le dindonneau Nicholas 300 a prouvé qu'il
pouvait atteindre les 18-20 kg. Les accouveurs semblent perplexes.
Quelles seront les attentes de leurs clients abatteurs français et de leurs clients étrangers ?
Si au plan mondial, chaque marché a fait son choix entre super lourd, lourd, super médium,
la France semble encore hésitante. D'autant que se pose la question du manque de
surfaces de production.




Avantages de la BUT 10 selon Aviagen Turkeys : plus de profit pour tous les maillons

. Pour l'accouveur : excellentes performances de reproduction (fertilité, éclosabilité),
aptitude
des OAC au stockage, facilité de conduite en pondoirs automatiques.
. Pour le producteur : facilité de conduite en élevage, meilleure tenue sur pattes et viabilité,
croissance précoce et excellente conformation, uniformité des animaux, IC amélioré.
. Pour l'abatteur : moins de saisies, qualité de carcasse, haut rendement en filet.



(1) C'est aussi le père du dindonneau commercial Big 6.

Source Réussir Aviculture Juillet-Août 2008

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