Gilles Huttepain, président de la FIA : Il nous faut un « Grenelle de la volaille »

Propos recueillis par Pascal Le Douarin

Récemment élu à la présidence de la Fédération des industries avicoles (FIA), Gilles Huttepain met la concrétisation de l'interprofession volaille de chair parmi ses priorités pour 2009.

Quel bilan tirez-vous de l'année 2008 ?

Pour le marché de la volaille, l'année 2008 a été en demi-teinte, avec deux périodes radicalement différentes. D'abord jusqu'aux mois de juillet et août, nous avons subi la hausse des matières premières. Fort heureusement, les opérateurs ont pu répercuter les hausses des coûts — ils ont été les seuls à le faire dans le secteur des viandes — mais cela a pénalisé la consommation. Les viandes de volailles les plus chères ont été le plus touchées (notamment le label rouge et la dinde). Le poulet s'est mieux comporté. À partir du moment où le prix de détail du porc a remonté, et que les matières premières ont baissé, la volaille a regagné des parts de marché sur le dernier trimestre. Ce qui nous a permis globalement de revenir aux niveaux de fin 2007. De leur côté, les GMS, nous sachant très réactifs, ont mis la pression. Actuellement nous constatons une baisse des prix de fonds de rayon. Pour le maillon production, je soulignerai la revalorisation des rémunérations des éleveurs qui était devenue nécessaire. Nous essayons de répartir la valeur ajoutée, certes plus ou moins bien, mais la filière le fait en évitant les à-coups.

Comment s'annonce l'année 2009 ?

Nous sommes bien sûr préoccupés, comme tout le monde. Il nous faudra être raisonnables et très prudents dans les mises en place, et être très réactifs à l'évolution des ventes pour maintenir une valorisation à l'ensemble de la filière. Nous souhaitons vivement une remontée des prix du porc qui pénalisent particulièrement la dinde. Le début d'année est difficile pour cette viande. L'augmentation importante des volailles importées en 2008 aura aussi des conséquences. Ce qui est grave, ce sont les détournements par rapport aux quotas mis en place pour les pays tiers : les viandes huilées, et plus récemment les préparations à moins de 57 % de viande qui entrent à droits réduits. Un point plutôt positif pour nous, ce sont les mauvais résultats des Brésiliens en 2008 et les baisses de mises en place qui pourraient laisser augurer de meilleures perspectives pour les Européens, si les matières premières restent à un niveau raisonnable.

G. Huttepain : « On ne dit pas assez qu'il existe un réel esprit de filière avec des partenaires qui discutent et essaient de répartir la valeur ajoutée sur l'ensemble des maillons » (P. Le Douarin)

G. Huttepain : « On ne dit pas assez qu'il existe un réel esprit de filière avec des partenaires qui discutent et essaient de répartir la valeur ajoutée sur l'ensemble des maillons » (P. Le Douarin)

 

Comment avance le projet d'interprofession de la volaille de chair ?

D'abord je me félicite de l'existence des interprofessions par espèce : poulet (CIPC), dinde (Cidef), canard (Cicar), pintade (CIP), mais il faut aller plus loin. À la FIA, nous souhaitons lancer un « Grenelle de la volaille » en associant tous les maillons de la filière volailles de chair. Il s'agit de réunir tout le monde autour de la table — interprofessions et représentants des différents maillons — pour monter quelque chose à partir de l'existant. Il faut dégager des perspectives pour les cinq années à venir, notamment en termes de communication. Nous voudrions lancer l'opération durant ce premier semestre avec un appel à des participations verticales (par interprofession) et transversales (par maillon), en jouant au maximum la transparence.

Il existe déjà des actions transversales de nature interprofessionnelle…

Oui, l'ATM volailles managée par le Cidef qui fonctionne bien et le « mois de la volaille » organisé ce mois de mars par l'Association de promotion de la volaille française (APVF), qui est une excellente initiative. Le message est simple : la volaille française est saine, contrôlée et si diversifiée qu'on peut en manger cinq fois par semaine. Nous y participons au même titre que les interprofessions constituées et les familles professionnelles. Dommage que le Synalaf n'en fasse pas partie cette année. L'APVF, présidée par Alain Melot, est en soi une sorte d'interprofession centrée sur la communication qui fonctionne très bien avec de faibles moyens.

Source Réussir Aviculture Mars 2009

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